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Le Liban sous le choc après l'assassinat d'un haut responsable de sécurité

20/10/2012 04:37 EDT | Actualisé 19/12/2012 05:12 EST

Le Liban était sous le choc samedi au lendemain de l'assassinat du chef des renseignements de la police libanaise, attribué par l'opposition au régime syrien et qui fait craindre de replonger le pays dans la tourmente.

L'attaque à la voiture piégée perpétrée à Beyrouth et qui a fait ressurgir le cauchemar des attentats qui ont ensanglanté la capitale jusqu'à un passé récent, a visé le général sunnite Wissam al-Hassan, qualifié de "fer de lance contre le régime syrien" par la presse samedi.

L'attentat a fait huit morts et 86 blessés selon une source gouvernementale mais samedi matin la Croix rouge indiquait que ce bilan pourrait être revu à la baisse.

Le général de 47 ans a eu en effet un rôle premier dans l'enquête sur de nombreux attentats qui ont secoué le Liban ces dernières années et dans lequel Damas a été pointé du doigt.

Le régime syrien a été accusé d'avoir commandité une série d'attentats et d'assassinats qui avaient visé entre 2005 et 2008 des personnalités politiques en majorité hostiles à Damas, notamment l'ex-Premier ministre Rafic Hariri.

Le fils de Rafic, Saad Hariri, chef de l'opposition hostile à Damas, a accusé sans ambages le président syrien Bachar al-Assad, engagé dans un conflit sanglant contre la rébellion dans son pays, de se tenir derrière l'attentat.

Quelques heures après l'assassinat, l'opposition a appelé à la démission du gouvernement, où le Hezbollah chiite, allié de Bachar al-Assad, joue un rôle prédominant.

"Le maintien de ce gouvernement offre la plus grande protection et couverture pour ce complot criminel", a-t-elle estimé.

Samedi, journée de deuil, le conseil des ministres doit tenir une "réunion urgente" pour discuter des mesures à prendre après le meurtre.

Damas a réagi immédiatement en condamnant un attentat "lâche" et "terroriste", tandis que son allié le Hezbollah y a vu une tentative de déstabilisation.

La presse libanaise était unanime samedi pour dire que le pays devait s'attendre au "pire" après l'assassinat, le premier du genre au Liban depuis 2008.

Le meurtre a "transporté le Liban d'une rive à une autre, avec tous les dangers qui guettent la stabilité et la sécurité", affirme An-Nahar.

"La paix civile en danger" titrait pour sa part as-Safir, qualifiant le général assassiné d'"artisan de la sécurité".

En réaction à l'assassinat, plusieurs routes ont été coupées dans des régions libanaises à majorité sunnite par des hommes dont certains étaient armés, et à Tripoli (nord) des échanges de tirs ont éclaté entre les quartiers rivaux sunnites et alaouites de la ville.

Il était "sans conteste le fonctionnaire le plus précieux, le plus indispensable, dans un Liban en proie de puis des années aux atteintes du terrorisme politique", affirme le quotidien francophone L'Orient Le Jour.

Un leader de l'opposition, Samir Geagea, a affirmé que le général Hassan alertait les chefs de l'opposition lorsqu'il les savaient menacés d'assassinat. Lui-même se "déplaçait avec des mesures de sécurité exceptionnelles". "Il avait installé sa femme et ses enfants à Paris car il se savait visé".

Son dernier coup de maître a été l'arrestation le 9 août de l'ex-ministre Michel Samaha, partisan du régime syrien, accusé d'avoir introduit des explosifs en vue de mener des attentats au Liban à l'instigation de Ali Mamlouk, chef des renseignements syriens.

L'attentat à Beyrouth, qui a fait des destructions énormes avec des carcasses de voitures calcinées et des immeubles effondrés, a ravivé les années noires de la guerre civile (1975-1990) et les récents attentats.

"Ca me ramène 30 ans en arrière, à l'époque des attentats piégés", a affirmé un médecin à l'hôpital Hôtel-Dieu.

A travers le monde, l'attentat a suscité une vague de condamnations. Les Etats-Unis ont dénoncé un attentat "terroriste", tandis que le Conseil de sécurité a "condamné fermement l'attentat terroriste" à Beyrouth. De son côté, le Vatican  a dénoncé une "absurde violence meurtrière".

Le président français François Hollande a appelé les responsables libanais à protéger leur pays de "toutes les tentatives de déstabilisation, d'où qu'elles viennent".

Avant même l'attentat, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'était déclaré "très inquiet de l'impact de la crise syrienne sur le Liban", dans un rapport au Conseil de sécurité rendu public jeudi, soulignant l'aggravation des tensions à la frontière.

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