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Arrestation de l'ex-porte-parole de Kadhafi près de Bani Walid assiégée

20/10/2012 12:09 EDT | Actualisé 20/12/2012 05:12 EST

Les autorités libyennes ont annoncé samedi l'arrestation d'un des derniers sbires de Mouammar Kadhafi, son porte-parole Moussa Ibrahim, un an jour pour jour après la mort du dictateur à l'issue de huit mois de conflit armé.

Quelques heures plus tôt, les autorités avaient déploré le fait que le pays n'avait pas été "totalement libéré" du régime kadhafiste, citant notamment Bani Walid, une ville accusée d'abriter des fidèles du "Guide" déchu recherchés par la justice et théâtre depuis plusieurs jours d'affrontements meurtriers.

"Arrestation de Moussa Ibrahim par des forces appartenant au gouvernement libyen de transition à un barrage de Tarhouna", une ville située entre Bani Walid et Tripoli, affirme un bref communiqué du gouvernement envoyé à la presse, après des rumeurs persistantes depuis le matin.

M. Ibrahim est en route pour "Tripoli où il sera remis aux autorités compétentes pour entamer son interrogatoire", précise le texte.

Le vice-Premier ministre Moustapha Abou Chagour a confirmé l'arrestation de M. Ibrahim sur son compte Twitter, affirmant que "le criminel Moussa Ibrahim a été arrêté et il est en route pour Tripoli".

Des rumeurs avaient circulé depuis le matin sur l'arrestation de Moussa Ibrahim et de deux autres personnalités du régime déchu alors qu'ils tentaient de fuir la ville de Bani Walid assiégée par des forces pro-gouvernementales depuis plus de deux semaines.

Cette arrestation coïncide avec le 1er anniversaire de la mort du colonel Kadhafi le 20 octobre 2011 au terme de huit mois de conflit armé.

Elle intervient également quelques heures après que les autorités ont reconnu que "la libération du pays n'a pas été complètement réalisée dans certaines régions", selon le président de l'assemblée nationale libyenne, Mohamed al-Megaryef.

Dans un discours diffusé dans la nuit de vendredi à samedi, M. Megaryef a dressé un bilan sombre de la période post-Kadhafi, faisant état d'un "retard et une négligence" dans la formation d'une armée et d'une police, le contrôle des armes, et la non intégration des ex-rebelles dans les institutions de l'Etat.

Le chef de l'assemblée nationale a cité aussi un retard dans la réforme de la justice et dans le dossier de la réconciliation nationale.

Il a affirmé que cette situation a permis à "des vestiges de l'ancien régime à l'intérieur du pays de s'infiltrer dans les organes de l'Etat et de comploter avec ceux qui sont à l'extérieur du pays contre la révolution et sa direction légitime".

Campagne pour le retour à la légitimité ---------------------------------------

Pour justifier l'opération militaire lancée contre Bani Walid, un des derniers bastions de Mouammar Kadhafi, M. Megaryef a indiqué que cette ville était "devenu un abri pour un grand nombre de hors-la-loi hostiles à la révolution et même à des mercenaires".

"Ce n'est pas une guerre d'extermination ou de nettoyage ethnique comme certains le prétendent à tort mais une campagne pour le retour à la légitimité et pour rétablir la sécurité et la stabilité", a-t-il dit.

Plus d'une quinzaine de personnes sont mortes à Bani Walid cette semaine dans des bombardements menés par des groupes d'ex-rebelles opérant pour le compte de l'armée libyenne.

Dans son discours, M. Megaryef a estimé que les forces armées "relevaient des autorités légitimes", ouvrant ainsi implicitement la voie à une attaque de plus grande envergure à Bani Walid.

"Les autorités ont donné le feu vert aux milices pour exterminer la ville", a estimé Salem al-Ouaer, chef militaire du plus important groupe armé de Bani Walid, appelant l'ONU et l'Occident à protéger les civils dans la ville.

"Bani Walid est la cible depuis ce matin de violents bombardements. La situation humanitaire est très mauvaise", a-t-il dit à à l'AFP.

Le porte-parole du chef d'état-major Ali Chikhi a de son côté fait état d'une avancée de ses forces vers le centre de la ville.

La menace d'un assaut pesait depuis plusieurs semaines sur Bani Walid à la suite de la mort d'un ex-rebelle de Misrata, enlevé et torturé dans la ville, qui a exacerbé les tensions entre Misrata et Bani Walid, cités voisines et rivales historiques ayant choisi des camps opposés lors du conflit l'an dernier.

Par ailleurs, des hommes armés ont attaqué samedi une caserne dans la banlieue-ouest de Tripoli, selon l'armée et des témoins, qui n'étaient pas en mesure d'identifier les assaillants.

ila/sbh

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