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Liban: le chef des renseignements de la police tué dans un attentat à Beyrouth

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ATTENTAT BEYROUTH
AP

Le chef des renseignements de la police libanaise a été tué vendredi dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth, faisant craindre une reprise des assassinats qui avaient visé entre 2005 et 2008 des personnalités hostiles à Damas, ancienne puissance de tutelle.

L'attaque a fait deux autres morts et près d'une centaine de blessés, a indiqué le ministre de la Santé Ali Hassan Khalil.

L'attentat a visé le chef des renseignements des Forces de sécurité intérieure (FSI), le général Wissam al-Hassan, un musulman sunnite proche de Saad Hariri, chef de l'opposition libanaise opposée au régime de Damas. Il était pressenti pour prendre la tête des FSI à la fin de l'année.

Les renseignements des FSI avaient joué un rôle majeur dans l'arrestation le 9 août de l'ex-ministre libanais Michel Samaha, un partisan du régime syrien, dans le cadre d'une affaire d'explosifs saisis qui devaient être notamment placés dans le nord du Liban.

La puissante explosion vendredi, la première du genre dans la région de Beyrouth depuis 2008, ravive l'inquiétude d'un débordement du conflit syrien, qui divise les Libanais.

La Syrie, secouée depuis 19 mois par des violences meurtrières et qui a été souvent pointée du doigt dans les assassinats des années 2000, a immédiatement réagi en condamnant un attentat "lâche" et "terroriste".

L'attaque s'est produite dans le quartier chrétien d'Achrafieh, dans le secteur est de la capitale.

"Nous avons entendu une puissante explosion. Nous avons senti le sol trembler sous nos pieds", a expliqué Roland, 19 ans, alors que des passants étaient pris de panique au milieu des carcasses de voitures calcinées et des débris d'immeubles.

Près de la place Sassine, des parents des employés de la Banque européenne du Moyen-Orient (BEMO), dont les vitres ont été soufflées, tentaient d'avoir des nouvelles de leurs enfants. Non loin, une jeune femme de 25 ans sous le choc s'écriait "maman, maman", en recherchant sa mère dans les décombres.

Pour beaucoup de rescapés, l'attentat ramène à l'esprit les années noires de la guerre civile (1975-1990).

"Ca me ramène 30 ans à l'arrière, à l'époque des attentats piégés", affirmait un médecin à l'hôpital Hôtel-Dieu.

Un leader de l'opposition, Samir Geagea, a affirmé à la presse que le général Hassan se "déplaçait avec des mesures de sécurité exceptionnelles".

"Il avait installé sa femme et ses enfants à Paris car il se savait visé", a-t-il ajouté.

Les renseignements des FSI ont joué un grand rôle dans la recherche des responsables des attentats et assassinats qui ont visé des personnalités politiques entre 2005 et 2008 et pour lesquels Damas été pointé du doigt, notamment celui en 2005 de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, père de Saad.

La classe politique, divisée entre partisans et adversaires du régime syrien, ont condamné à l'unanimité l'attentat, tout en évitant de formuler des accusations.

"Le régime syrien n'est pas étranger à ce genre d'explosions, c'est un attentat politique par excellence", a toutefois indiqué le député Nadim Gemayel, membre de l'opposition libanaise hostile à Damas.

Selon l'Agence nationale d'information (ANI), l'explosion s'est produite à une heure de pointe (12H00 GMT), à 200 mètres d'un bureau des Kataëb (Phalanges), parti chrétien de l'opposition libanaise.

Un photographe de l'AFP a vu deux immeubles dévastés. Un immeuble était en feu et les volontaires de la Croix-Rouge faisaient sortir des blessés, le visage ou le corps ensanglanté. Des passants sous le choc étaient en pleurs.

Des balcons étaient à moitié effondrés. Dans les rues, des carcasses de voitures calcinées étaient visibles et des vitres brisées jonchaient le sol.

Des pompiers et des membres de la défense civile entraient dans les immeubles à la recherche des victimes.

Le dernier attentat dans la région de Beyrouth remontait à janvier 2008, lorsqu'un officier des renseignements libanais, le capitaine Wissam Eid, avait été assassiné dans une attaque à la voiture piégée.

L'attentat survient alors que la guerre fait rage entre les rebelles et les troupes du régime de Bachar al-Assad en Syrie voisine, autrefois puissance de tutelle au Liban.

"Ces attentats terroristes sont injustifiables où qu'ils se passent", a réagi le ministre syrien de l'Information, interrogé par la télévision officielle.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'était déclaré "très inquiet de l'impact de la crise syrienne sur le Liban", dans un rapport au Conseil de sécurité rendu public jeudi, soulignant l'aggravation des tensions à la frontière et la poursuite d'un "trafic d'armes dans les deux sens".

ser-pbz-sk-ram/feb/cco

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