NOUVELLES
19/10/2012 11:27 EDT | Actualisé 19/12/2012 05:12 EST

Un attentat à la voiture piégée fait au moins huit morts à Beyrouth

BEYROUTH - Un attentat à la voiture piégée dans l'est de Beyrouth a fait au moins huit morts et des dizaines de blessés vendredi, ont annoncé des responsables de la sécurité et la Croix-Rouge libanaise.

Le chef du service de renseignement de la police libanaise, le général Wissam al-Hassan, a été tué dans l'attentat, selon l'agence de presse officielle libanaise.

Il s'agit du pire attentat à frapper Beyrouth depuis quatre ans.

Au moins 61 personnes ont été blessées dans l'attaque, dont 20 grièvement, d'après la Croix-Rouge et des responsables libanais. L'agence de presse officielle rapportait quant à elle un bilan de 78 blessés.

Il semble que l'attentat visait spécifiquement le général Al-Hassan. Celui-ci était responsable d'une enquête qui a permis de déjouer, l'été dernier, un complot terroriste ayant mené à l'arrestation d'un politicien libanais pro-syrien et à la mise en accusation d'un haut responsable du régime syrien.

«Chaque fois qu'il y a un problème en Syrie, on veut nous impliquer», a déploré Karin Sabaha Gemayel, une secrétaire juridique travaillant à un coin de rue du lieu de l'explosion. La rue visée par l'attentat a été transformée en cratère rempli de débris, de métal tordu et de véhicules calcinés. «On espère toujours que ça ne nous arrivera pas à nous. Pas une autre fois.»

La voiture piégée a explosé en milieu d'après-midi dans une rue étroite du quartier majoritairement chrétien d'Achrafieh, où les cafés et les échoppes sont nombreux.

Les portes et les fenêtres ont volé en éclats sur plusieurs pâtés de maisons, et plusieurs voitures semblent avoir été catapultées dans les airs.

Un reporter de l'Associated Press présent sur les lieux a vu des personnes couvertes de sang transportées dans des ambulances et des édifices lourdement endommagés par la déflagration.

«Je me trouvais tout près sur la place Sassine et j'ai entendu une grosse explosion. Je me suis mis à courir en direction de l'endroit d'où provenait le bruit», a raconté un résidant, Ellie Khalil. Il a déclaré avoir vu au moins 15 personnes blessées dans un stationnement avant l'arrivée des ambulances.

L'attaque survient à un moment où les affrontements liés à la guerre en Syrie se multiplient au Liban. Des heurts ont eu lieu entre des partisans du président syrien Bachar el-Assad et ceux qui appuient la rébellion contre son régime.

La Syrie et le Liban sont enchevêtrés dans une toile complexe de liens politiques et de rivalités communautaires. Les sunnites libanais soutiennent principalement les rebelles syriens, majoritairement sunnites, tandis que le puissant Hezbollah chiite libanais est un allié clé du président Al-Assad.

Le Liban a été frappé par une vague d'attentats à la bombe et d'autres attaques qui a débuté en 2005, avec un puissant attentat-suicide qui a causé la mort de l'ancien premier ministre Rafik Hariri et de plus de 20 autres personnes au centre-ville de Beyrouth. Dans les années qui ont suivi, plusieurs personnalités anti-syriennes ont été assassinées, dont plusieurs dans des attentats à la voiture piégée. Plusieurs Libanais ont attribué ces attaques au régime de Damas, bien que la Syrie ait nié en être responsable.

Le général Al-Hassan, tué vendredi, a dirigé une enquête qui a mené, le 9 août, à l'arrestation de l'ancien ministre de l'Information Michel Samaha, l'un des plus fidèles alliés de la Syrie au Liban, qui a longtemps agi en tant que conseiller médiatique officieux auprès de Bachar el-Assad.

Selon un haut responsable de la police libanaise, M. Samaha a avoué avoir personnellement transporté des explosifs dans sa voiture, de la Syrie au Liban, dans le but de tuer des responsables libanais au profit de la Syrie.

«Je m'inquiète vraiment pour le pays après cette explosion», a déclaré vendredi un résidant de Beyrouth, Charbel Khadra. «J'ai peur que les explosions recommencent et que ce ne soit que la première.»

PLUS:pc