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Tunisie/violences: un chef de l'opposition parle d'"assassinat politique"

19/10/2012 06:38 EDT | Actualisé 19/12/2012 05:12 EST

L'ex-Premier ministre tunisien et chef du parti d'opposition Nidaa Tounès a dénoncé vendredi le "premier assassinat politique depuis la révolution" après la mort d'un représentant de son mouvement lors de violences dans le sud du pays, évoquant la responsabilité des islamistes.

"C'est le premier assassinat politique depuis la révolution et il touche notre parti, Nidaa Tounès", a dit à la radio Mosaïque FM Beji Caïd Essebsi, adversaire juré des islamistes d'Ennahda qui dirigent la coalition au pouvoir.

M. Essebsi a accusé Ennahda et son allié de centre-gauche, le Congrès pour la République (CPR) du président Moncef Marzouki, d'être responsables de la manifestation qui a dégénéré en violences jeudi.

Il a ensuite répété ces déclarations lors d'une conférence de presse à Tunis et a parlé d'"un lynchage", montrant une vidéo où l'on voit une personne présentée comme la victime traînée au sol et frappée par une foule.

Le coordinateur de Nidaa Tounès à Tataouine (sud), Lotfi Naguedh, est mort jeudi en marge d'affrontements entre ses partisans et des manifestants considérés comme proches d'Ennahda.

La date de son enterrement n'a pas été fixée, son corps ayant été transporté à Tunis vendredi où une autopsie doit avoir lieu, selon M. Essebsi.

Le ministère de l'Intérieur a affirmé qu'il avait succombé à un infarctus, alors que les opposants disent qu'il est mort après avoir été battu par les manifestants de la Ligue de protection de la révolution, une organisation proche des islamistes au pouvoir.

Ennahda a de son côté accusé dans un communiqué diffusé jeudi soir les partisans de Nidaa Tounès d'avoir provoqué les violences en jetant des cocktails molotov sur les manifestants.

La Ligue tunisienne des droits de l'Homme a pour sa part condamné ces "violences politiques" et a appelé à la "dissolution de ce qu'on appelle Ligue ou comité de protection de la révolution, qui appelle à la violence".

Cette organisation est accusée d'être derrière plusieurs actes de violences. La semaine dernière, elle avait promis aux "ennemis de la révolution et aux caciques de l'ancien régime" de leur faire "regretter de ne pas s'être suicidés", affirmant préparer "des surprises de gros calibre pour les exterminer tous".

Les partisans du gouvernement accuse Nidaa Tounès de rassembler des tenants du président déchu, Zine El Abidine Ben Ali.

M. Essebsi, deuxième Premier ministre de transition après la révolution de 2011, a fondé ce parti cet été et connaît, selon des sondages, une popularité croissante.

alf/feb

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