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Rebelles du M23 en RDCongo: l'ONU menace implicitement Kigali de sanctions

19/10/2012 04:49 EDT | Actualisé 19/12/2012 05:12 EST

Le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé vendredi son "soutien sans réserve" aux experts de l'ONU qui accusent Kigali et Kampala d'armer la rébellion en RDCongo et a menacé implicitement de prendre des sanctions contre de hauts responsables de ces deux pays.

Dans une déclaration, le Conseil condamne fermement "tout appui extérieur" apporté au mouvement rebelle congolais M23 par des "pays voisins" et exige que ces ingérences cessent sous peine de sanctions, en référence implicite au Rwanda et à l'Ouganda.

Le Conseil exprime "son soutien sans réserve" aux experts qui ont accusé formellement, dans un rapport confidentiel, les deux pays de continuer à armer le M23, ce que Kigali et Kampala démentent catégoriquement.

Le Conseil "entend prendre des sanctions ciblées contre les dirigeants du M23 et tous ceux qui agissent en violation du régime des sanctions et de l'embargo sur les armes" auxquels est soumise la République démocratique du Congo (RDC), ce qui pourrait l'amener à sanctionner notamment le ministre rwandais de la Défense mis en cause directement dans le rapport des experts de l'ONU.

Il demande aux pays membres de lui soumettre "d'urgence" des listes de personnes ou d'entités à sanctionner.

Le Conseil "assure de son soutien sans réserve le groupe d'experts du Comité créé par la résolution 1533 (2004)", qui ont rédigé ce rapport accablant pour le Rwanda et l'Ouganda, et demande aux pays de la région "d'intensifier leur coopération" avec ces experts. Ce rapport doit être soumis formellement au Conseil le mois prochain.

Cette prise de position très ferme intervient au lendemain de l'élection par l'Assemblée générale de l'ONU du Rwanda comme membre non permanent du Conseil de sécurité, pour un mandat de deux ans commençant en janvier prochain.

Dans sa déclaration, le Conseil "condamne à nouveau fermement tout appui extérieur en faveur du groupe M23. A cet égard, il se déclare vivement préoccupé par les rapports selon lesquels des pays voisins continueraient à fournir un tel appui au M23". Les 15 membres du Conseil "exigent l'arrêt immédiat de l'appui fourni depuis l'extérieur au M23 ainsi qu'aux autres groupes armés", sans toutefois mettre en cause nommément le Rwanda et l'Ouganda.

Le Conseil demande à tous les pays de la région de "coopérer activement" avec le gouvernement congolais pour désarmer le M23 et les autres groupes armés qui opérent dans la région.

Le rapport de l'ONU, dont l'AFP a eu copie, conclut que les gouvernements rwandais et ougandais continuent de soutenir militairement et politiquement le M23, allant même jusqu'à affirmer que la rebellion est commandée "de facto" par le ministre rwandais de la défense, le général James Kabarabe.

Le Mouvement du 23 mars (M23) est formé par d'anciens rebelles qui, après avoir été intégré en 2009 dans l'armée congolaise, se sont ensuite mutinés et affrontent depuis mai dernier l'armée régulière de la RDC.

Le Conseil demande aussi au secrétariat général de l'ONU de lui faire des propositions pour que la Monusco (Mission de l'ONU en RDCongo) "soit mieux à même d'exercer son mandat", y compris pour surveiller "les mouvements d'armes et de matériel connexe" qui passent par les frontières est de la RDC. Celles-ci bordent le Rwanda et l'Ouganda.

avz/rap

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