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La société d'Old Massett défend son projet de fertilisation de l'océan

19/10/2012 05:19 EDT | Actualisé 19/12/2012 05:12 EST
Radio-Canada.ca

La controverse entourant la fertilisation des océans ne fait pas broncher le Conseil d'Old Massett, qui se défend d'avoir violé des lois canadiennes ou internationales.

En juillet, la Société Haida de restauration des saumons (Haida Salmon Restauration Corporation) a payé près de 2 millions de dollars à l'entrepreneur américain Russ George pour qu'il épande 100 tonnes de sulfate de fer et 20 tonnes d'oxyde de fer dans l'océan Pacifique.

La manoeuvre visait à faire croître la quantité de phytoplanctons et raviver la population de saumons qui s'en nourrissent.

Dans un point de presse vendredi, John Disney, le porte-parole de la Société Haida de restauration des saumons créée par le Conseil du village Old Massett des îles Haida Gwaii, a défendu le projet en affirmant que l'expérience ne contrevenait à aucune réglementation. Disney a par ailleurs ajouté que le Conseil d'Old Massett revendique des droits territoriaux sur les eaux canadiennes.

Il a ajouté que l'expérience s'est déroulée hors des eaux canadiennes et que l'opération n'était pas assez vaste pour contrevenir aux lois internationales ou aux traités de l'ONU.

Néanmoins, le projet est loin de faire l'unanimité dans la communauté autochtone. Le président de la nation Haida, Guujaw, a déclaré que les actions et les paroles du Conseil d'Old Massett ne reflètent pas celles de sa nation autochtone.

Le député néo-démocrate Nathan Cullen, qui représente la circonscription où se situe Haida Gwaii, a indiqué qu'il avait rencontré les membres de la société l'été dernier. « Je n'ai jamais pensé qu'ils avaient l'intention de nuire et j'estimais qu'ils avaient fait leur devoir en consultant des scientifiques et des avocats. »

Par ailleurs, Cullen a ajouté que le gouvernement aurait dû faire davantage pour stopper le projet et que les lois devraient être plus claires en matière de fertilisation dans les océans et de géo-ingénérie.

Mais l'expérience n'est pas reconnue par la communauté scientifique et pourrait avoir un impact négatif sur l'environnement. Certains scientifiques pensent que cela peut même détruire des écosystèmes et attirer des espèces indésirables comme les méduses.

Environnement Canada a ouvert une enquête.