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Michel Hazanavicius: la vie après «The Artist»

19/10/2012 12:25 EDT | Actualisé 19/12/2012 05:12 EST
Getty Images

DIJON, France - Dans la foulée du succès international de «The Artist», son film césarisé et oscarisé, de nombreuses portes se sont ouvertes pour Michel Hazanavicius. Actuellement, il exerce activement ses fonctions de président de la Société civile des auteurs-réalisateurs-producteurs (ARP), dont les Rencontres cinématographiques se déroulent jusqu'à ce samedi à Dijon, et travaille sur plusieurs projets de films, incluant «The Search» sur la guerre en Tchétchénie et «Dans le jardin des bêtes» avec Tom Hanks.

Élu président de l'ARP en juin à la suite de la carrière exceptionnelle de «The Artist», le réalisateur consacre énormément d'énergie à cette fonction. «C'est beaucoup de dossiers sur lesquels il faut travailler, réfléchir, discuter, écouter, partager», explique-t-il dans un entretien accordé à Sipa, à l'occasion des Rencontres qui accueillent pendant trois jours en Bourgogne, dans la douceur automnale et sous un beau soleil, quelque 600 professionnels du cinéma venus d'Europe et des États-Unis.

«Je me sens porte-parole d'une réflexion commune. Ce qui nous bouscule depuis quelques années déjà, c'est l'arrivée du numérique qui change les rôles des acteurs traditionnels de toute la chaîne du cinéma», souligne-t-il. Il dénonce aussi le côté presque «Dr Mabuse» d'Internet. «On ne sait pas par quel bout le prendre. Il n'y a pas de territoire, il n'y a pas de loi. L'exception culturelle, c'est une manière de réinjecter de la politique là-dedans.»

Concernant les Rencontres, il estime que «c'est une occasion assez unique de réunir autant de gens de cette profession qui sont à des postes-clés, de brasser des idées, de confronter des points de vue, de s'engueuler s'il le faut, de trouver des accords, de s'écouter les uns les autres». Pour les réalisateurs, «il est important de s'investir, intéressant de comprendre comment on arrive encore à faire des films en France», remarque-t-il.

Parallèlement, il travaille sur son prochain long-métrage, «The Search», qui aura pour toile de fond la guerre en Tchétchénie. «Ce n'est possible que grâce au succès de 'The Artist'», note-t-il, en soulignant que ce projet a été très compliqué à financer. «J'ai été choqué par le silence assourdissant autour de ce conflit», poursuit-il. Des Tchétchènes, sa compagne Bérénice Bejo et sans doute une actrice américaine participeront à ce film dont le tournage doit commencer en août, probablement dans une région proche de la Tchétchénie, précise-t-il.

Après, il a encore deux autres projets à concrétiser basés sur des scénarios qui lui ont été envoyés des États-Unis, également grâce à la notoriété qu'il a acquise avec «The Artist», dont une comédie produite par Will Ferrell, au «scénario brillant, en décalage avec la réalité.» Avec «Dans le jardin des bêtes», adapté d'un livre, il a également «un projet hyperexcitant» avec Tom Hanks, qu'il considère comme l'un des meilleurs acteurs au monde.

Ces deux films pourraient l'amener à retravailler à l'étranger, comme «The Artist» l'avait conduit à passer six mois aux États-Unis. «Il y a un désir de film qui prime. Après, on trouve des manières de ne pas être trop séparé de ses enfants, de ne pas être trop séparé de sa famille», observe-t-il.

Bien qu'il ne parle pas parfaitement l'anglais, il croit que cela ne constitue pas un handicap pour tourner à l'étranger. «Le discours que j'ai fait pour les Oscar, moi-même, je n'ai pas compris ce que je disais!», plaisante-t-il.

De cette aventure, il lui reste des trophées, mais aussi «le plaisir d'avoir vécu des choses incroyables dans la vie de n'importe quel cinéaste».

«La vraie belle histoire, c'est qu'au départ, c'est un film qui n'aurait pas dû voir le jour. Personne n'était contre réellement, mais on pensait que ça ne pourrait pas se faire. Ça ressemble un peu à un film de Capra, avec un mec qui est tout seul au départ. C'est hors norme!»

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