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Liban: le chef des renseignements de la police tué dans un attentat

19/10/2012 12:29 EDT | Actualisé 19/12/2012 05:12 EST

Le chef des renseignements des Forces de sécurité intérieure (FSI) au Liban, Wissam al-Hassan, a été tué dans un attentat qui a secoué Beyrouth vendredi, des membres de l'opposition libanaise pointant du doigt le régime syrien.

Le général Hassan, un musulman sunnite, est un proche de Saad Hariri, chef de l'opposition libanaise hostile au régime de Damas, et était pressenti pour prendre la tête des FSI à la fin de l'année.

Les renseignements des FSI avaient joué un rôle premier dans l'arrestation le 9 août de l'ex-ministre libanais Michel Samaha, un partisan du régime syrien, dans le cadre d'une affaire d'explosifs saisis qui devaient être notamment placés dans le nord du Liban.

Un leader de l'opposition, Samir Geagea, a affirmé à la presse que le général se "déplaçait avec des mesures de sécurité exceptionnelles".

"Il avait installé sa femme et ses enfants à Paris car il se savait visé", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ils ont visé le général Hassan car il a arrêté Michel Samaha et il était parmi les responsables de sécurité qui n'avaient peur de rien".

Les renseignements des FSI ont joué un rôle important dans la recherche des responsables des attentats et assassinats qui ont visé des personnalités politiques entre 2005 et 2008 et pour lesquels Damas été pointé du doigt, notamment celui en 2005 de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, père de Saad.

D'après M. Geagea, lui-même visé par une tentative d'assassinat en avril dernier, "le général Hassan nous alertait à chaque fois que des menaces pesaient contre nous", en référence aux membres de l'opposition hostile à Damas.

Interrogé si la Syrie se tenait derrière l'attentat, il a répondu "qui d'autre cela peut-il être? Depuis 2005, il y a eu une dizaine d'attentats ayant visé le 14-Mars (coalition de l'oppositon), qui d'autre à votre avis est derrière ça?", a-t-il demandé.

"Ils peuvent tuer une, deux ou trois personnalités, mais ils ne peuvent pas tuer tout un peuple", a-t-il martelé.

Un autre pilier de l'opposition, l'ancien président Amine Gemayel, a qualifié sa mort de "perte pour tout le Liban". "Tout le monde connaissait ses efforts pour préserver la sécurité des Libanais", a-t-il ajouté sur le lieu de l'attentat dans le quartier chrétien d'Achrafieh.

A la suite de l'annonce de la mort du général Hassan, des hommes dans des régions à majorité sunnite ont brûlé des pneus et coupé des routes notamment entre Tripoli, la grande ville du nord et la frontière syrienne, ainsi que dans le quartier de Corniche el-Mazraa à Beyrouth, a constaté des journalistes de l'AFP.

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