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Liban: Hariri accuse Assad du meurtre d'un haut responsable de la sécurité

19/10/2012 02:29 EDT | Actualisé 19/12/2012 05:12 EST

Le chef de l'opposition libanaise, Saad Hariri, a accusé le président syrien Bachar al-Assad de l'assassinat du chef des renseignements de la police, le général Wissam al-Hassan, tué vendredi dans un attentat à Beyrouth.

"Nous accusons Bachar al-Assad d'avoir assassiné Wissam al-Hassan, le garant de la sécurité des Libanais", a indiqué l'ex-Premier ministre à une chaîne libanaise.

"Il avait dévoilé dernièrement le plan du régime de Bachar al-Assad de mener des attentats et des assassinats au Liban à travers l'arrestation de Michel Samaha", a indiqué M. Hariri dans un communiqué.

Cet ex-ministre libanais partisan du régime syrien avait été arrêté par les renseignements des FSI le 9 août, accusé d'avoir introduit des explosifs en vue de mener des attentats dans le nord du Liban à l'instigation d'Ali Mamlouk, chef des services de renseignements syriens.

"Je ne me tairais pas (...) après cet horrible crime", a prévenu M. Hariri.

Le général Hassan, un musulman sunnite, était un proche de Saad Hariri, chef de l'opposition libanaise hostile au régime de Damas.

"J'accuse ouvertement Bachar al-Assad et son régime d'avoir tué Wissam al-Hassan", a affirmé de son côté à l'AFP le dirigeant druze Walid Joumblatt, un des critiques les plus virulents de Damas.

"Le régime syrien est expert en assassinats politiques et il faut que notre réponse soit politique", a assuré M. Joumblatt.

"Le président qui brûle la Syrie et qui est le bourreau de Damas se moque pas mal si le Liban brûle", a-t-il ajouté

M. Assad "prend sa revanche car ils n'ont pas pu utiliser Michel Samaha", a indiqué M. Joumblatt.

Le gouvernement a décrété une journée de deuil pour samedi, après cet attentat qui a fait huit morts et 86 blessés.

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition syrienne en exil, a condamné l'attaque, estimant que de tels "actes criminels servent sans aucun doute le régime meurtrier d'Assad et ses alliés au Liban", en référence au Hezbollah.

Ce parti a également condamné l'attentat, y voyant une tentative de déstabilisation du pays, tandis que Damas a dénoncé un attentat "lâche" et "terroriste".

Les renseignements des FSI avaient joué un rôle important dans la recherche des responsables des attentats et assassinats qui ont visé entre 2005 et 2008 des personnalités politiques en majorité hostiles à Damas, et pour lesquels le régime syrien a été pointé du doigt.

L'assassinat en 2005 de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, père de Saad, avait plongé le Liban la tourmente. Quatre membres du Hezbollah ont été accusés d'implication par un tribunal international.

Pour sa part, Jamil Sayyed, ancien chef de la Sûreté générale, dont l'animosité avec la victime était notoire car il le tenait pour responsable de ses quatre années passées en prison pour son implication présumée dans l'attentat contre M. Hariri, a condamné "cet acte terroriste", appelant à une "enquête sérieuse sans interférence politique".

"Il y avait un problème entre nous deux et j'espère que la sécurité libanaise pourra trouver les coupables", a-t-il dit à l'AFP. "Il faut laisser l'enquête se dérouler et ne pas recréer le même climat qui régnait durant l'enquête sur l'assassinat de Hariri", faisant allusion à sa détention et celle de trois autres responsables de la sécurité.

sk-ram/cco

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