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Les bombes à sous-munitions, meurtrières longtemps après leur largage

19/10/2012 07:10 EDT | Actualisé 19/12/2012 05:12 EST

Les bombes à sous-munitions (BASM), qui ont été utilisées selon la rébellion par l'armée de l'air syrienne contre une ville clé du nord de la Syrie contrôlée par les rebelles, sont particulièrement meurtrières pour les civils, même longtemps après un conflit.

Les insurgés, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et Human Rights Watch (HRW) ont accusé l'armée du régime syrien de recourir à ces armes internationalement bannies contre la ville de Maaret al-Noomane (nord), alors que le régime affirme ne pas en posséder.

Selon HRW, ces armes ont été utilisées dans les provinces d'Idleb (nord-ouest), Alep (nord), Homs (centre), Lattaquié (ouest) Damas.

Un conteneur (bombe, obus, missile, roquette) transportant jusqu'à 650 mini-bombes appelées sous-munitions et largué par voie aérienne ou terrestre (canon, lance-roquettes, véhicules de combat), éjecte les sous-munitions qui se dispersent sur un vaste périmètre et explosent, en principe, à l'impact.

Toutefois, selon Handicap International, de 5% à 40% des sous-munitions n'explosent pas au premier impact, et se transforment de fait en mines antipersonnel, mortelles pour les populations civiles. D'après l'ONG, 98% des victimes sont des civils et 27% des enfants.

Rondes, colorées ou munies d'un ruban rose, les sous-munitions peuvent facilement être confondues avec des rations alimentaires ou des jouets. Elles peuvent se déclencher au moindre contact.

L'Observatoire mondial 2011 des bombes à sous-munitions a estimé entre 58.000 et 85.000 le nombre de personnes tuées ou mutilées dans l'explosion d'une sous-munition depuis 1965.

Selon Handicap International, au moins 440 millions de sous-munitions ont été dispersées dans le monde depuis 1965, dont 383 millions dans trois pays du sud-est asiatique: Laos, Vietnam et Cambodge. Au moins 33 millions d'engins n'auraient pas encore été neutralisés.

Plus de cent Etats - dont la Syrie ne fait pas partie - ont signé ou ratifié la Convention internationale d'interdiction des armes à sous-munitions, adoptée le 30 mai 2008 et entrée en vigueur le 1er août 2010.

Cette Convention interdit totalement la production, le stockage, le transfert et l'utilisation de cette catégorie d'armes et prévoit la destruction des stocks existants.

vm/acm/tp

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