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Des bombes à sous-munitions larguées sur une ville du nord syrien (rebelles)

19/10/2012 04:42 EDT | Actualisé 18/12/2012 05:12 EST

L'armée de l'air a fait usage de bombes à sous-munitions dans ses raids contre Maaret al-Noomane, une ville clé du nord de la Syrie contrôlée par les rebelles et soumise depuis une dizaine de jours à d'intenses bombardements, selon des rebelles vendredi.

Ces derniers ont montré au journaliste de l'AFP les restes de l'un de ces engins, largué sur la ville: la partie inférieure à ailette de l'imposante bombe en métal gris, et des dizaines de sous-munitions dont certaines étaient non-explosées.

Cette bombe portait des inscriptions en alphabet cyrillique sur l'une de ces ailettes, laissant à penser qu'elle est de fabrication russe.

Jeudi, le journaliste de l'AFP a vu un chasseur-bombardier Sukhoï de l'armée de l'air du régime larguer ce type d'engins en périphérie est de la ville. La bombe a éclaté dans le ciel comme un feu d'artifice, ses sous-munitions s'abattant sur le sol dans des traînées de fumée blanche.

L'aviation fait usage de ces bombes sur la zone depuis une vingtaine de jours dans son conflit contre la rébellion, a affirmé à l'AFP un commandant militaire de Maaret al-Noomane, Raëd Mandil.

Les chasseurs-bombardiers les larguent sur les secteurs habités et sur la ligne de front, a-t-il dit en soulignant que "ces bombes coupent les gens en morceaux".

Le 14 octobre, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a accusé l'armée de l'air syrienne d'avoir largué des bombes à sous-munitions près de Maaret al-Noomane, une ville que tentent de reprendre les troupes du régime de Bachar a-Assad.

"Le mépris de la Syrie pour sa population civile transparaît clairement dans sa campagne aérienne, qui inclut maintenant le largage de bombes à sous-munitions mortelles dans des zones habitées", a déclaré Steve Goose, en charge de l'armement au sein de HRW, dans un communiqué.

Mais l'armée syrienne a démenti le lendemain le recours à de telles bombes, affirmant qu'elle ne disposait pas de ce genre d'armes.

"Certains médias complices dans l'effusion de sang publient de fausses informations sur l'utilisation de bombes à sous-munitions contre les groupes armés terroristes. L'armée syrienne ne dispose pas de ce genre d'armes", a affirmé le commandement général des forces armées dans un communiqué.

Selon HRW, "les armes à sous-munitions ont été bannies par la plupart des pays et la Syrie devrait cesser immédiatement d'utiliser ces armes aveugles qui continuent à tuer et à mutiler".

Dans ce même communiqué, l'ONG se dit "très inquiète" après avoir consulté des vidéo montrant des hommes et des enfants manipulant des sous-munitions non explosées "au risque de leur vie".

Selon l'organisation de défense des droits de l'Homme basée à New York, qui cite des témoignages, ces armes ont été utilisées dans les provinces d'Idleb (nord-ouest), Alep (nord), Homs (centre), Lattaquié (ouest) et Damas.

La Syrie n'a pas ratifié la Convention sur les armes à sous-munitions, adoptée par 107 Etat en 2008, qui interdit la production, le stockage, le transfert et l'utilisation de cette catégorie d'armes et prévoit la destruction des stocks existants.

hba/tp

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