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19/10/2012 06:22 EDT | Actualisé 19/12/2012 05:12 EST

Bell ne lâche pas prise pour l'achat d'Astral (PHOTOS/TWITTER)

Radio-Canada.ca

BCE Inc., maison mère de Bell, réitère vendredi qu'elle demandera au cabinet de Stephen Harper d'intervenir pour casser la décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) dans le dossier du rachat d'Astral. Plus tôt, le ministre du Patrimoine James Moore a pourtant déclaré que le gouvernement n'avait pas l'intention de s'interposer.

Le ministre Moore avait rappelé en début de journée que le CRTC était un organisme indépendant et avait ajouté que le gouvernement n'avait pas la capacité juridique d'infirmer la décision rendue jeudi concernant la transaction.

Or, le chef des affaires juridiques de Bell, Mirko Bibic, affirme par voix de communiqué que « la Loi sur la radiodiffusion donne expressément au Cabinet le pouvoir d'émettre des instructions au CRTC sur les grandes questions d'orientation ».

« Une fois de telles instructions émises, Bell déposerait de nouveau sa demande d'approbation de la transaction d'Astral », peut-on lire ensuite dans le communiqué.

Jeudi, le CRTC a refusé à Bell l'acquisition d'Astral. Selon le CRTC, qui veut s'assurer de limiter la concentration des médias au Canada, la compagnie Bell-Astral aurait détenu une trop grande proportion des parts du marché, avec 42,7 % des parts de la télévision de langue anglaise et 33,1 % des parts de la télévision de langue française.

Bell considère que la décision rendue par le CRTC contre lui est injuste et arbitraire. « C'est un précédent dangereux si les organismes gouvernementaux peuvent choisir arbitrairement les règles à suivre, avec de multiples conséquences possibles, non seulement pour l'industrie de la radiodiffusion, mais pour le système financier du Canada et, en fait, pour tous les Canadiens [...] Dans ce contexte, il incombe aux élus de s'assurer que les organismes qu'ils supervisent exercent de manière appropriée les pouvoirs qui leur sont dévolus », estime Mirko Bibic.

Quel avenir pour Astral?

Si le gouvernement n'intervient pas et que l'offre d'achat de Bell demeure obsolète, cela signifie pour la compagnie Astral Média qu'elle est de retour sur le marché. Son président et cofondateur, Ian Greenberg, veut prendre sa retraite et il n'y a pas de successeur pour le remplacer à la tête de l'entreprise médiatique contrôlée par sa famille.

Astral Média possède 84 stations de radio, 9500 panneaux d'affichage et 24 chaînes télé spécialisées.

Combien d'entreprises du domaine des communications sont désormais en lice pour acquérir Astral? Les spéculations vont bon train en ce qui concerne Cogeco, Rogers, Québecor, Shaw, Transcontinental ou encore Telus.

Rogers, qui est presque de la même taille que Bell, devrait elle aussi avoir de la difficulté à convaincre le CRTC de lui laisser acheter Astral, à l'instar de son concurrent. « Ils sont déjà multiplateformes, multi-industriels, alors ça leur causerait fort probablement les mêmes problèmes », explique le chroniqueur médias Claude Thibodeau.

Morceler l'empire?

Du côté de Cogeco, l'entreprise devrait sûrement être en mesure obtenir la portion télévisuelle d'Astral, mais elle pourrait d'autre part se buter à un refus du CRTC pour acquérir les radios de la compagnie, puisqu'elle détient déjà un grand nombre de stations, notamment après l'achat des stations de Corus au Québec.

Inversement, Québecor pourrait acheter les chaînes radios, mais aurait des problèmes pour acquérir la portion télévision d'Astral.

Dans ce contexte, il est possible qu'Ian Greenberg vende différentes portions de son entreprise à différents acheteurs plutôt que de recevoir une offre pour l'ensemble du groupe, comme celle de Bell.

« La famille Greenberg ne semble plus avoir le gros bout du bâton », fait valoir Claude Thibodeau, précisant qu'en vendant en pièces détachées plutôt qu'en bloc, le retour sur investissement sera un peu moins intéressant pour la famille Greenberg.

Les autres joueurs possibles

Selon Claude Thibodeau, au Québec, Astral pourrait peut-être être vendu en bloc à Transcontinental. L'entreprise a annoncé il y a quelques mois son intention d'accroître ses activités dans la production la fabrication de contenu de télévision, dans l'intégration des contenus multiplateforme.

Une autre possibilité serait une vente à Telus. Or, l'entreprise n'a jamais, jusqu'ici, manifesté son intérêt pour acheter Astral, mais elle aurait la capacité de le faire. Par le passé, Telus s'est toujours présenté comme un fournisseur de services de télécommunications, et non comme un fournisseur de contenu média. Mais selon plusieurs observateurs, si l'entreprise a l'intention de changer d'orientation, l'occasion actuelle pourrait être intéressante pour elle.

À l'extérieur du Québec, Shaw Cable serait un acheteur potentiel. L'importante entreprise de télécommunications, plutôt agressive, est un peu l'équivalent, dans l'Ouest canadien, de Québecor, souligne M. Thibodeau.

Le titre d'Astral Media chute en bourse

L'action d'Astral Media reculait de près de 16 %, vendredi, à la fermeture de la bourse.

Le titre de classe A d'Astral Media glissait de 7,49 $, passant à une valeur de 39,51 $ à la Bourse de Toronto.

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