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Bahreïn: mort d'un policier blessé dans des heurts avec des manifestants

19/10/2012 03:02 EDT | Actualisé 18/12/2012 05:12 EST

Un policier bahreïni est décédé après avoir été blessé dans la nuit de jeudi à vendredi dans l'explosion d'une bombe artisanale lors de heurts avec des manifestants dans un village chiite près de Manama, a annoncé vendredi le ministère de l'Intérieur.

De nouveau, vendredi, des milliers de chiites ont manifesté dans un village près de Manama pour exiger "un vrai changement démocratique", 20 mois après les premières manifestations de protestation.

Les chiites représentent la majorité de la population à Bahreïn, un petit royaume du Golfe dirigé par une dynastie sunnite.

Dans la nuit, des affrontements ont opposé dans plusieurs villages chiites les forces anti-émeutes à des manifestants, mobilisés à l'appel du mouvement du 14-Février, un groupe de jeunes qui réclame "la chute du régime", ont indiqué des témoins.

Arborant le drapeau rouge et blanc de Bahreïn, les manifestants ont défilé jusqu'à une heure tardive en scandant des slogans hostiles au régime. "Le peuple veut la chute du régime", "A bas Hamad", le roi de Bahreïn Hamad Ben Issa Al-Khalifa, répétait la foule, selon les témoins.

Les forces anti-émeutes ont fait usage de gaz lacrymogène, de bombes assourdissantes et tiré à la chevrotine pour disperser les manifestants, faisant des blessés parmi la foule, ont ajouté les témoins sans fournir de bilan.

Lors des heurts, "deux policiers ont été blessés dans l'explosion d'une bombe de fabrication artisanale" à Akr, un village chiite, et "l'un d'eux a succombé", a indiqué le ministère sur son compte Twitter.

Dans le village de Buri, les policiers sont intervenus lorsque "des saboteurs" ont mis le feu à des pneus sur un important axe routier et lancé des cocktails Molotov et des pierres, incendiant une voiture et endommageant une autre, a ajouté le ministère dans un communiqué cité par l'agence BNA.

La principale formation de l'opposition chiite, Al-Wefaq, a "condamné l'attaque contre la police à Akr, de même que la punition collective qui a suivi" dans les villages chiites.

Vendredi, des milliers de chiites ont de nouveau participé à une marche baptisée "La liberté du peuple" sur une route près du village de Bilad, à l'appel du Wefaq et d'autres groupes de l'opposition.

Le dirigeant d'Al-Wefaq, cheikh Ali Salmane, et d'autres personnalités de l'opposition ont participé à cette manifestation, au cours de laquelle les protestataires ont scandé "Khalifa, démissionne" ou "notre révolution est pacifique".

"Ce qui a commencé le 14 février l'an passé (...) ne va pas s'arrêter sans un vrai changement politique mettant fin à la tyrannie", a indiqué l'opposition dans un communiqué publié après la manifestation.

Bahreïn est secoué depuis l'an dernier par un mouvement de contestation, animé par des chiites qui réclament une monarchie constitutionnelle avec un Premier ministre issu de la majorité parlementaire.

Malgré la répression meurtrière des manifestations de protestation dans le centre de la capitale de mi-février à la mi-mars 2011 par les troupes bahreïnies, des rassemblements continuent de se tenir dans les villages chiites autour de Manama.

Selon la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), 80 personnes ont trouvé la mort depuis le début de la révolte.

Le ministère bahreïni de l'Intérieur a affirmé pour sa part que 700 personnes avaient été blessées, parmi lesquelles des officiers de police.

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