Lance Armstrong saura lundi ce que l'UCI lui réserve

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L'Union cycliste internationale (UCI) rendra sa décision lundi concernant Lance Armstrong alors que l'affaire a fait de nouvelles victimes avec la fin du parrainage de l'équipe Rabobank, fleuron du cyclisme néerlandais, et la démission d'un haut dirigeant australien.

Lundi (13h00), le président Pat McQuaid "va informer sur la position de l'UCI concernant la décision de l'Usasa dans le cas Armstrong".

La Fédération internationale a seule la possibilité d'étendre au monde entier l'invalidation de tous les résultats obtenus par Armstrong depuis le 1er août 1998, prononcée par l'Agence antidopage américaine (Usada).

L'UCI, qui avait jusqu'à la fin du mois d'octobre pour arrêter sa décision, a choisi de précipiter les choses, peut-être pour éviter d'autres répliques du séisme provoqué par la publication du rapport de l'Usada mettant en évidence le système de dopage organisé autour du septuple vainqueur du Tour.

Mercredi, l'équipementier Nike et d'autres sponsors avaient décidé de mettre fin à leur collaboration avec Lance Armstrong.

Deux jours plus tard, la révélation du rapport de l'Usada, qui a éclaboussé jusqu'au président de l'UCI (Union cycliste internationale) de l'époque, le Néerlandais Hein Verbruggen, a amené Rabobank, soutien historique du cyclisme aux Pays-Bas, à trancher dans le vif. La banque a annoncé le retrait de sa marque des pelotons.

Equipe sans logo

"Nous ne sommes plus convaincus que le cyclisme professionnel international est en mesure de faire du cyclisme un sport propre et juste", a déclaré le directeur financier de la banque, Bert Bruggink, en estimant que le monde du cyclisme est "malade jusqu'au plus haut niveau, dont les institutions compétentes, celles responsables des contrôles du dopage notamment".

Les coureurs de l'équipe, parrainée depuis 1996 par Rabobank, continueront à rouler la saison prochaine mais sans le logo de la banque, a-t-il précisé, ajoutant que Rabobank allait "honorer les contrats", dont beaucoup seront encore valables pendant un an, via une fondation externe.

La banque cherche par ailleurs une solution pour continuer à soutenir la championne olympique néerlandaise Marianne Vos, au moins jusqu'aux JO de Rio 2016.

L'UCI, qui a demandé jeudi l'ouverture d'une procédure disciplinaire contre un coureur de l'équipe, l'Espagnol Carlos Barredo, pour des anomalies sur son passeport sanguin, a indiqué comprendre "le contexte qui a présidé à cette décision".

L'arrêt de Rabobank, l'une des 18 équipes titulaires d'une licence de première division (WorldTour), touche une bonne partie de l'élite néerlandaise (Gesink, Mollema, Kruijswijk, Slagter...) ou encore l'Espagnol Luis Leon Sanchez, vainqueur d'étape lors du dernier Tour de France.

En 17 ans, l'équipe a connu de nombreux succès, mais aussi vécu de sales affaires de dopage, comme celle qui conduisit au retrait du Danois Michael Rasmussen lors de la dernière semaine du Tour de France 2007, alors qu'il portait le maillot jaune.

S'en était suivi un remue-ménage qui avait entraîné la montée en puissance de la nouvelle génération néerlandaise, conjointement au départ fin 2010 du Russe Denis Menchov, lui-même soupçonné dans d'autres affaires, la dernière en date étant liée au préparateur Michele Ferrari en Italie.

Au-delà des conséquences sportives, c'est un coup de tonnerre qui frappe le monde du cyclisme, dont la bonne santé économique dépend des partenaires financiers.

Alors qu'en Italie, le parquet de Padoue enquête sur un système complexe mis en place par le sulfureux docteur Ferrari, suspendu à vie en juillet par l'Usada pour son rôle-clé dans le système de dopage d'Armstrong, la Fédération australienne continue, elle, à faire le ménage.

Deux jours après l'éviction de Matt White, modeste coéquipier d'Armstrong au sein de l'US Postal, de ses fonctions de responsable des courses sur route, le vice-président de la Fédération Stephen Hodge a démissionné après avoir lui aussi avoué s'être dopé lorsqu'il était coureur dans les années 1990.

Devant ce grand déballage, le président de l'Agence mondiale antidopage (AMA) John Fahey s'est déclaré "intéressé" par une réflexion sur une amnistie générale pour les sportifs coupables de dopage.

"Mais ce n'est pas au cyclisme de décider d'une amnistie, ce serait à l'AMA de le faire", a-t-il expliqué sur les ondes de la radio ABC.

Vendredi soir, Lance Armstrong devait réapparaître en public dans sa ville d'Austin, au Texas, à l'occasion du 15e anniversaire de sa fondation de lutte contre le cancer Livestrong, dont il a quitté la présidence mercredi pour éviter qu'elle ne soit entachée à son tour par l'affaire.

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