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18/10/2012 03:10 EDT | Actualisé 18/12/2012 05:12 EST

L'ouverture de la première clinique d'IVG d'Irlande déclenche des manifestations

BELFAST, Royaume-Uni - Des manifestations de militants anti-avortement catholiques et protestants ont marqué jeudi l'ouverture à Belfast de la première clinique privée à pratiquer des interruptions volontaires de grossesse (IVG) en Irlande, où l'avortement est très strictement encadré.

Géré par l'organisation caritative britannique Marie Stopes International, l'établissement doit offrir des avortements médicamenteux à des femmes enceintes de moins de neuf semaines dont le médecin a déterminé que leur état constituait une menace pour leur vie ou leur santé à long terme.

Cette façon de procéder est conforme à la loi en Irlande du Nord et en République d'Irlande, où l'IVG pour des raisons autres que la santé de la mère est illégale.

Plus de 200 manifestants farouchement opposés à l'avortement en toutes circonstances se sont réunis en périphérie de la capitale de l'Irlande du Nord quelques heures avant l'ouverture de la clinique afin de réclamer l'interdiction pure et simple de l'IVG sur l'île.

Le procureur général d'Irlande du Nord, John Larkin, a également écrit aux députés, majoritairement opposés à l'avortement, pour leur offrir son aide s'ils lançaient une enquête sur les activités de l'établissement, mais a souligné qu'il ne pourrait en ordonner la fermeture que si des «comportements criminels graves» y étaient constatés.

Le ministre de la Santé, Edwin Poots, a déclaré qu'il n'était pas favorable à l'ouverture de la clinique mais qu'il ne pouvait s'y opposer tant qu'elle respectait la loi, assurant au Parlement que que le centre serait poursuivi s'il enfreignait la loi.

«Nous sommes en 2012. La santé des femmes n'est pas en danger. Les femmes ne meurent pas parce qu'elle ne peuvent pas avorter», a déclaré Bernadette Smyth, la dirigeante protestante de l'organisation anti-avortement Precious Life.

Les manifestants demandent la fermeture de la clinique de peur qu'elle ne devienne un symbole de la lutte pour l'avortement en Irlande du Nord, la seule région du Royaume-Uni où l'IVG n'est pas complètement légale. Dans le reste du royaume, l'avortement a été légalisé en 1967 et est pratiqué jusqu'à la 24e semaine.

«Pour Marie Stopes, ce n'est qu'une première étape», a affirmé Liam Gibson de la Société pour la protection des enfants à naître, un groupe de pression majoritairement catholique. Il a également encouragé la police de Belfast à arrêter les médecins et les dirigeants de la clinique s'ils fournissaient aux femmes des renseignements sur les possibilités d'avorter ailleurs en Grande-Bretagne.

À Belfast, les députés nord-irlandais ont empêché à plusieurs reprises la définition d'un cadre légal destiné aux médecins, tandis qu'à Dublin, les gouvernements irlandais successifs ont refusé de mettre la loi en conformité avec l'arrêt de 1992 de la Cour suprême autorisant l'avortement en cas de danger de mort pour la femme, y compris par suicide.

«La loi en Irlande du Nord a toujours été très floue pour beaucoup de femmes et de professionnels de la santé. Notre centre va apporter pour la première fois un environnement sûr, chaleureux et à l'écoute», a déclaré Dawn Purvis, directrice de la nouvelle clinique.

On estime que 4000 femmes de la République d'Irlande et 1000 femmes d'Irlande du Nord partent chaque année se faire avorter en Grande-Bretagne.

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