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Libye: négociations pour une entrée pacifique de l'armée à Bani Walid

18/10/2012 08:05 EDT | Actualisé 18/12/2012 05:12 EST

Les autorités libyennes tentaient jeudi de trouver un compromis avec les chefs tribaux et militaires de Bani Walid pour contrôler pacifiquement cette ville accusée d'abriter des fidèles de l'ancien régime, au lendemain d'une attaque d'ex-rebelles ayant fait au moins 11 morts.

Des groupes d'ex-rebelles opérant sous la bannière de l'armée libyenne, dont certains originaires de Misrata, ville voisine et rivale historique, avaient lancé mercredi une attaque contre Bani Walid, faisant au moins 11 morts et des dizaines de blessés, selon des sources locales.

Cette attaque avait coïncidé avec le premier anniversaire de l'annonce de la "libération" de cette ville accusée d'avoir appuyé Mouammar Kadhafi durant la révolution de 2011 et qui était un des derniers bastions du régime déchu.

Le chef militaire de Bani Walid a indiqué que Mohamed Megaryef, le président du Congrès général national (CGN), la plus haute autorité politique du pays, était attendu jeudi dans la ville.

"Nous attendons aujourd'hui la visite du président du Congrès. Mais je ne sais pas comment il va rentrer dans la ville, au moment où les milices de Misrata continuent à nous bombarder", a déclaré Salem al-Ouaer.

Selon lui, les groupes armés qui assiègent depuis plus de deux semaines cet oasis aux portes du désert, ont lancé jeudi une nouvelle offensive sous la bannière de l'"armée nationale", au lendemain d'une attaque qui avait fait au moins 11 morts et des dizaines de blessés.

La brigade Bouclier de la Libye qui dépend du ministère de la Défense et des combattants de Misrata, affirme avoir reçu des instructions pour avancer mercredi vers Bani Walid, tandis que le porte-parole du chef d'état-major, le colonel Ali al-Chikhi, a démenti que l'armée ait donné un ordre en ce sens.

Le porte-parole du CGN, Omar Hmidan, a indiqué à l'AFP que M. Megaryef se rendait à Bani Walid pour "appliquer la décision n°7 du CGN".

Le CGN a exigé le 25 septembre des ministres de la Défense et de l'Intérieur qu'ils trouvent les auteurs de l'enlèvement d'un ex-rebelle de Misrata, mort après des semaines de détention, et qu'ils arrêtent d'autres personnes recherchées par la justice car accusées d'avoir combattu avec l'ancien régime.

"Une force militaire va entrer dans la ville avec l'accord des tribus locales", a ajouté M. Hmidan.

Une source militaire a indiqué que des forces de l'armée régulière avaient quitté jeudi Tripoli pour se rendre à Bani Walid dont elles doivent ensuite prendre le contrôle.

Mercredi soir, le chef d'état-major a indiqué dans un communiqué que le conseil social de Bani Walid, qui regroupe les chefs de tribus, avait donné son accord pour une entrée de l'armée régulière dans la ville pour "imposer l'autorité de l'Etat".

Contacté par l'AFP, Ali Zarkoun, un des chefs de tribu de cette ville, a indiqué attendre avec d'autres notables de Bani Walid la visite de M. Megaryef pour négocier un compromis.

"Ils nous proposent l'entrée d'une force de l'armée régulière. Nous allons voir cela avec eux", a-t-il ajouté sans autre détail.

Les dignitaires de Bani Walid refusent l'entrée de "milices hors-la-loi" et mettent en doute la neutralité de l'"armée nationale" qui n'existe pas encore selon eux.

Ils redoutent un sort similaire à celui de Taouarga, dont les habitants accusés d'avoir participé aux exactions de l'ancien régime contre Misrata durant le conflit de 2011, avaient été chassés de chez eux et leurs maisons détruites et brûlées.

ila/sbh

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