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Grèce: une manifestation pour garder la flamme allumée contre la rigueur (PHOTOS)

18/10/2012 10:11 EDT | Actualisé 18/12/2012 05:12 EST
AP
A Riot policeman pushes an elderly protester with his shield during clashes during the 24-hour nationwide general strike in Athens on Thursday, Oct. 18, 2012. Hundreds of youths pelted riot police with petrol bombs, bottles and chunks of marble Thursday as yet another Greek anti-austerity demonstration descended into violence. (AP Photo/Petros Giannakouris)

ATHENES (AFP) - "Bien sûr que les nouvelles mesures vont passer, mais il faut garder la flamme allumée": comme Evangélia Gaïtanidis, des dizaines de milliers de manifestants ont pris la rue jeudi en Grèce contre les politiques d'austérité, sans illusions, mais pour ne pas baisser les bras.

"Les décisions sont déjà prises", par le gouvernement et par les bailleurs de fonds du pays, qui s'apprêtent à faire adopter un nouveau train de mesures de redressement, "notre sort dans l'immédiat est joué, mais malgré tout il faut résister", insiste cette trentenaire, employée d'un syndicat.

Sur l'avenue Patission qui longe le siège du syndicat GSEE, le soleil tape fort, et les rangs sont encore clairsemés au début de la manifestation, endeuillée à son terme par la mort d'un sexagénaire, victime d'un arrêt cardiaque.

"Sur 150 employés, nous sommes seulement deux aujourd'hui à être en grève, les autres ont peur, ou n'y croient pas", explique Vassilis, 32 ans, employé de banque.

Partisan de l'opposition de gauche radicale, il affiche l'espoir de "faire tomber le gouvernement". "Et qu'on ne vienne pas me parler d'euro, cela me suffit de savoir que nous sommes déjà en faillite".

"La dette de notre génération est de renverser le pouvoir", répond une banderole comme en écho. Dans la soirée, à Bruxelles, le Premier ministre conservateur, Antonis Samaras, devait tenter d'obtenir de ses partenaires au sommet européen une promesse --ou un encouragement-- pour que le pays soit maintenu sous perfusion, en échange de ces nouveaux sacrifices qui vont encore faire chuter le niveau de vie.

Plus d'une heure plus tard en contrebas du parlement, où la foule ne cesse d'affluer, une soudaine montée de tension évoque soudain les embrasements de juin 2011 et février 2012, quand deux gouvernements successifs ont fini par devoir céder le pas.

Mais seulement de loin: si tout le monde, retraités, dames âgées et autonomes s'en donnent à coeur joie pour insulter un cordon de policiers qui vient de bloquer un des accès, les trublions ne sont que quelques dizaines, cagoulés et masqués, à lancer cocktails molotov et pierres.

Comme souvent, le spectacle se joue juste sous les balcons de l'hôtel où les télévisions internationales plantent leurs caméras. D'ailleurs, en arrivant dans leur champ de vision, les rangs de la manif s'animent, pour scander, au rythme d'applaudissements, l'inusable slogan anti-junte "Pain, éducation et liberté".

Disciplinées et organisées comme rarement, les forces de l'ordre n'ont pas grand mal à repousser leurs attaquants et le défilé dans les rues adjacentes. Du gaz lacrymogène est utilisé, mais les matraques sont à peine dégainées.

Robe-chemisier bien coupée, collier en or et sandales à talons, Angeliki Simatou, 65 ans, ne décolère pas: "c'est la première fois que je manifeste, j'ai longtemps fait preuve de patience, mais là le nouveau train de mesures va nous achever", lance cette commerçante.

"Le gouvernement n'y résistera pas", prédit-elle, approuvée par un professeur de mathématiques qui donne pour sa part "trois mois aux Grecs pour faire tout sauter". A la retraite depuis quelque mois, il attend toujours de recevoir un premier versement de pension, dont il ignore le montant: "tous les jours on nous annonce de nouvelles coupes".

"Les gens réagiront vraiment quand ils sentiront l'impact des mesures", combinant coupes salariales pour les fonctionnaires, baisses de pensions et d'aides sociales, juge pour sa part Ilias Nikolakopoulos, politologue parmi les plus réputés sondeurs du pays.

"Il faut que les gens se fassent entendre, partout il y a des protestations, l'Europe commence à prêter l'oreille", juge-t-il.

"Ce sera nous, ou les Espagnols, les Italiens, les Portugais, les Français aussi peut-être d'ailleurs, leur tour vient, mais il faut arrêter cette politique", veut aussi espérer Maria Orianopoulou, une comptable de 48 ans.

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