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Alcatel-Lucent va supprimer 5490 postes en 2013, dont 1430 en France

18/10/2012 09:43 EDT | Actualisé 18/12/2012 05:12 EST

PARIS - La direction d'Alcatel-Lucent a annoncé jeudi la suppression de 5490 postes dans le monde en 2013, dont 1430 en France, lors d'un comité de groupe européen à Paris.

La Confédération française démocratique du travail (CFDT) a immédiatement dénoncé une «catastrophe humaine et industrielle» et demandé «au gouvernement de prendre clairement en charge ce dossier», en soulignant que dans l'Hexagone, les suppressions représentent plus de 15 pour cent des effectifs.

Selon les syndicats, la direction a aussi annoncé dans l'après-midi la fermeture du siège France situé à Vélizy où travaillent 2200 salariés, et le déménagement d'une partie du personnel sur le site de Villarceaux à Nozay qui, de sources syndicales, peut accueillir quelque 500 personnes de plus. Le siège social d'Alcatel-Lucent France serait regroupé avec celui d'Alcatel-Lucent International à Paris.

Ailleurs en Europe, 530 postes seront supprimés en Allemagne (sur 3430 salariés), 290 en Belgique (sur 1600 salariés) et 180 en Espagne (sur 900). De source syndicale, ce sont essentiellement les fonctions support qui seront concernées — les secteurs du marketing, des ressources humaines ou encore des services aux clients.

Ces suppressions de postes se feront dans le cadre du plan de réorganisation «Performance» dévoilé le 26 juillet dernier par la direction lors de la présentation des résultats du deuxième trimestre 2012. La direction avait alors annoncé la «suppression supplémentaire globale d'environ 5000 postes dans le monde».

L'objectif est de réduire les coûts de 1,25 milliard d'euros via la «sortie ou la restructuration» de «contrats de service gérés» et «marchés non rentables». Le plan doit être réalisé d'ici la fin 2013, selon la direction.

Interrogée jeudi par Sipa, cette dernière n'a pas précisé les modalités de ces suppressions de postes (licenciements, attrition, mobilité interne, départs non remplacés, etc.), d'autant plus que des comités d'entreprises sont prévus «dans les jours qui viennent» sur différents sites concernant la restructuration. Un comité central d'entreprise d'Alcatel-Lucent France est ainsi prévu vendredi après-midi à Vélizy.

Le 26 juillet, lors de la présentation des résultats du deuxième trimestre 2012, le directeur général d'Alcatel-Lucent Ben Verwaayen, avait précisé, concernant le plan «Performance», que «dans la mesure où nous parlons de suppressions de postes et de la sortie de certains contrats non rentables», les actions seront mises en oeuvre «de manière mesurée».

Pour les syndicats, les annonces de jeudi sont un véritable coup de tonnerre. En France, les suppressions prévues représentent «plus de 15 pour cent de l'effectif», déplore la CFDT dans un communiqué où elle parle d'une «catastrophe humaine et industrielle» et d'un «violent plan social». Alcatel-Lucent emploie 9000 salariés en France.

«C'est un électrochoc de plus en France et dans le groupe», ajoute le syndicat qui dénonce un «massacre» et «demande au gouvernement de prendre clairement en charge ce dossier lié aussi aux difficultés dans la filière».

«Franchement, on ne pensait pas qu'il y aurait autant de suppressions en France» a réagi de son côté Frédéric Aussedat, délégué syndical central CFE-CGC, interrogé par Sipa.

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