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Uranium: la CCSN donne le feu vert à Strateco; Québec doit maintenant trancher

17/10/2012 02:55 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

MONTRÉAL - La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) a autorisé mercredi Ressources Strateco (TSX:RSC) à amorcer son projet d'exploration souterraine d'uranium Matoush, dans le Nord-du-Québec.

Le projet, localisé dans les monts Otish à environ 275 kilomètres au nord de Chibougamau et à 210 kilomètres au nord-est de Mistissini, doit maintenant recevoir l'aval de Québec.

Il a été impossible, mercredi après-midi, de joindre un porte-parole du ministre de l'Environnement, Daniel Breton.

Strateco satisfait aux exigences de l’article 24 de la Loi sur la sûreté et la réglementation nucléaires, a indiqué la CCSN dans un communiqué, en estimant que l'entreprise québécoise «prendra les mesures appropriées pour protéger l’environnement, pour préserver la santé et la sécurité des personnes (et) pour assurer la sécurité nationale».

Le permis accordé par la CCSN n'autorise que l'exploration et non pas l'extraction d'uranium à des fins commerciales, qui devra faire l'objet d'une autre évaluation environnementale.

Le permis est assorti de diverses conditions. Par exemple, Strateco ne pourra pas lancer les travaux de construction de la rampe d’exploration et de la tête de la mine avant l'analyse en bonne et due forme des «données de référence aquatiques».

De plus, a précisé la CCSN, «aucune des activités liées au rejet d’effluents dans l’environnement ne sera autorisée avant la mise en oeuvre complète d’un programme de surveillance».

Enfin, Strateco ne pourra pas procéder avant d'obtenir une garantie financière «jugée acceptable par le personnel de la CCSN», a indiqué l'organisme fédéral.

Danger?

Pendant la dernière campagne électorale, la chef péquiste Pauline Marois ne s'est pas montrée hostile au projet. Les Cris, cependant, s'y opposent avec virulence, y voyant un danger potentiel pour l'environnement et la population.

Dans un communiqué publié mercredi, le grand chef de la Nation crie de la Baie-James, Matthew Coon Come, s'est dit «pas surpris mais plutôt déçu» que la CCSN n'ait pas reconnu le «moratoire permanent» que la communauté a décrété à l'égard de l'uranium, en août.

«Nous demeurons déterminés à protéger nos économies et notre mode de vie contre la menace exceptionnelle et grave que posent l'exploitation de l'uranium et les déchets d'uranium, a affirmé M. Coon Come. La Nation crie prendra toutes les mesures nécessaires pour faire en sorte que notre moratoire permanent sur l'uranium dans Eeyou Istchee (le territoire cri de la Baie-James) soit reconnu et mis en oeuvre.»

Dans le cadre des audiences publiques tenues le printemps dernier, la CCSN avait reçu pas moins de 89 mémoires, dont 70 faisaient état d'objections au projet Matoush. En revanche, la Conférence régionale des élus de la Baie-James et la Chambre de commerce de Chibougamau appuient le projet.

Le projet Matoush est le plus avancé au Québec dans le secteur de l'uranium. Un autre, situé au nord de Sept-Îles, sur la Côte-Nord, a été abandonné en décembre 2009 par la société vancouvéroise Terra Ventures.

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