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Un deuxième duel télévisé Obama-Romney infiniment plus disputé

17/10/2012 01:05 EDT | Actualisé 16/12/2012 05:12 EST

Une douzaine de questions posées parfois d'une voix tremblante par le public, deux candidats que rien ne semblait pouvoir arrêter et une modératrice déterminée: le deuxième débat présidentiel américain mardi soir, a été infiniment plus disputé que celui du 3 octobre.

Dès les premières minutes du débat, à l'université d'Hofstra sur Long Island, près de New York, le ton était donné.

Le président Barack Obama, qui devait impérativement faire oublier son premier débat raté, est immédiatement passé à l'attaque. Il a accusé son adversaire républicain de "ne pas dire la vérité". Et alors que Mitt Romney évoquait son "plan en cinq points" pour créer 12 millions d'emplois, il a ironisé sur un homme qui n'a selon lui qu'un plan "en un point (...) assurer" que les plus riches "aient des règles du jeu différentes".

Effacé le Barack Obama qui le 3 octobre dernier avait semblé absent, pressé d'en finir. Energique, déterminé, le président démocrate a tout fait pour convaincre les 82 électeurs indécis qui composaient le public, et au delà les dizaines de millions d'Américains regardant le débat à la télévision, qu'ils devaient lui offrir un nouveau mandat de quatre ans à la Maison Blanche le 6 novembre.

Il a souri, parfois fait rire la salle, est devenu grave en évoquant les cercueils qu'il était allé accueillir après l'attaque contre le consulat de Benghazi en Libye.

Et pendant 95 minutes, il a ferraillé avec son adversaire sur tous les sujets, de l'énergie en passant par la politique fiscale, les femmes, l'immigration ou sa politique étrangère.

Il n'a pas hésité à lui couper la parole à plusieurs reprises, ou à l'accuser d'être plus à droite que le très impopulaire George W. Bush sur les questions de société.

Le public composé d'électeurs ouvertement indécis posait lui même ses questions, choisies à l'avance par la modératrice : un étudiant, une jeune femme soulignant les inégalités hommes femmes persistantes, une immigrée, un électeur déçu par Obama...

Après un premier débat qui lui a permis de remonter à égalité dans les sondages avec le président, Mitt Romney ne s'est pas laissé démonter. Lui aussi a ferraillé, jonglant avec les chiffres, interrompant à l'occasion le président, ou la modératrice, Candy Crowley, une journaliste de CNN de 63 ans, la première femme à animer un débat présidentiel depuis 20 ans.

"Nous ne pouvons pas nous permettre quatre ans de plus comme ces quatre dernières années", a-t-il insisté.

Mais l'ancien gouverneur du Massachusetts, plus mécanique, ne s'est jamais départi de son sérieux. Et son sourire s'est fait plus rare au fur et à mesure du débat.

Candy Crowley, qui avait promis de jouer pleinement son rôle, a recadré plusieurs fois les deux hommes. Osé les relances dont ne voulaient pas les équipes de campagne. Et même repris M. Romney, lorsqu'il a affirmé que M. Obama avait mis de longs jours avant de reconnaître que l'attaque de Benghazi le 11 septembre était un "acte de terreur".

A la fin du débat, les deux camps ont immédiatement clamé victoire.

"Obama a été incapable de défendre le bilan de l'échec de sa politique", a déclaré l'un des principaux conseillers de Mitt Romney Ed Gilespie, dans la "spin room", la salle où se retrouvent journalistes et états-majors de campagne après chaque débat.

Romney "a été mis à nu", face à un président qui a présenté "un plan que peuvent comprendre les électeurs", a affirmé à l'inverse David Axelrod, l'un des principaux conseillers d'Obama.

Le président est lui resté longtemps dans la salle du débat, détendu, extrêmement souriant, discutant avec les uns et les autres, et signant le programme de la soirée pour tous ceux qui le lui demandaient.

bd/lb

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