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Un an après sa libération, Gilad Shalit redevient un jeune sans histoire

17/10/2012 12:23 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

Un an après sa libération à Gaza, Gilad Shalit, soldat franco-israélien enlevé par le Hamas et devenu le symbole du devoir sacré d'Israël envers ses militaires, est aujourd'hui un chroniqueur sportif qui assouvit sa passion du foot et du basket.

Détenu pendant plus de cinq ans dans la bande de Gaza et libéré le 18 octobre 2011 en échange de 1.027 prisonniers palestiniens, le jeune Franco-Israélien décline toutes les demandes d'interviews. Il n'a accordé qu'un seul entretien, filmé par des amis, et diffusé mercredi soir sur la chaîne 10 de la télévision israélienne.

"Il essaie de vivre, de rattraper le temps perdu, de sortir avec des amis, de découvrir le monde", a raconté à l'AFP son père Noam Shalit, qui a mené une campagne inlassable pour faire libérer son fils.

Alors qu'Israël s'apprête à marquer jeudi le premier anniversaire de son retour, l'ex-tankiste est aux Etats-Unis avec des amis.

Le regard juvénile, un sourire accroché aux lèvres, celui qui a fêté ses 26 ans en août passerait inaperçu si son portrait n'avait pas fait la une de la presse pendant des années.

Le 14 juillet, il avait accepté de participer aux festivités de l'ambassade de France en Israël et avait posé avec des dizaines de personnes, souriant à l'objectif mais toujours sur la réserve, icône populaire malgré lui.

Passionné de sport, Gilad Shalit écrit depuis juin une chronique sportive hebdomadaire dans le quotidien Yediot Aharonot et suit l'actualité sportive israélienne et mondiale.

L'ancien otage du Hamas s'est rendu en France avec son père en février, puis en Italie en mai avant d'assister au début du mois au clasico, la rencontre entre le FC Barcelone et Real Madrid, à l'invitation du club catalan.

Il joue souvent au basket-ball, malgré un handicap à la main, depuis sa blessure le 25 juin 2006, quand des groupes armés palestiniens l'ont capturé en territoire israélien à la lisière de la bande de Gaza.

Lors de l'entretien télévisé, repris dans la presse écrite, Gilad Shalit évoque certains moments de sa captivité, expliquant comment il a tenu.

"J'essayais de me concentrer sur les petites choses agréables qui me restaient (...), d'apprécier ce que j'avais, parce que cela pouvait empirer", dit-il, citant "la télévision, la radio, la nourriture décente, le fait qu'ils ne me traitaient pas trop mal".

"Il y avait aussi une forme de communication avec les geôliers. Il y avait des moments où une sorte d'émotion ou de rire apparaissait, quand nous regardions un bon match ou un film à la télévision", ajoute Gilad Shalit, qui a également pu suivre le Tour de France cycliste.

"Pendant la journée, je jouais à toutes sortes de jeux avec eux, aux échecs, aux dominos", indique-t-il.

Pour son père, les cinq années de détention l'ont totalement changé. "Ce n'est pas le même Gilad que nous avons retrouvé mais il se sent bien et revient lentement à une vie normale".

Noam Shalit raconte néanmoins que son fils "passe beaucoup de temps avec des jeunes de son âge, il fait des excursions et du sport. Il est plus ouvert et plus sociable qu'auparavant".

"Les gens qui le rencontrent dans la rue veulent être pris en photo avec lui, tout le monde le reconnaît, c'est parfois embêtant pour lui mais il espère pouvoir commencer des études l'année prochaine et redevenir un anonyme", explique son père.

Pour le sociologue Danny Kaplan, "il est normal que Gilad Shalit veuille échapper aux médias compte tenu de l'attention anormale dont il a été l'objet dans un pays où il n'y a pas de distinction entre l'Etat et l'armée".

Au pouvoir à Gaza, le Hamas considère que l'enlèvement et l'échange de Gilad Shalit ont été "une des plus grandes victoires de la résistance palestinienne".

"Cela prouve que (la capture de militaires israéliens, NDLR) est le meilleur moyen d'obtenir la libération de prisonniers et de faire pression sur les occupants sionistes", a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement du Hamas, Taher al-Nounou.

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