NOUVELLES

Tunisie: relations tendues entre pouvoir et médias

17/10/2012 06:57 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

Rappel des relations tendues entre les médias et le pouvoir en Tunisie depuis la chute du président Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011.

--2011--

- 5-6 mai: Quinze journalistes travaillant pour des médias internationaux et tunisiens sont brutalisés par des policiers lors de manifestations à Tunis, des violences inédites depuis la chute de Ben Ali.

- 29 juil: La commission chargée des réformes annonce l'adoption d'un nouveau code de la presse donnant plus de liberté aux journalistes.

- 7 oct: La diffusion par la chaîne Nessma TV du film "Persepolis" suscite une vague de violences entre partisans des libertés et islamistes. Dans une scène du film Dieu est représenté, ce que proscrit l'islam.

Les jours suivants, des groupes d'extrémistes tentent d'attaquer la chaîne et le domicile de son patron, Nabil Karoui.

--2012--

- 7-8 jan: Nominations à la tête des principaux médias publics. Les organisations professionnelles dénoncent un "diktat politique".

- 8 mars: Le directeur du quotidien arabophone Ettounsia, Nassredine Ben Saïda, est condamné à une amende pour "atteinte aux bonnes moeurs" après avoir publié en Une une photo de nu. Son incarcération huit jours en février est la première d'un journaliste depuis la révolution.

- 24 avril: Limogeage sans ménagement du directeur général de la radio nationale Habib Belaïd.

- 30 avr: L'Instance indépendante chargée de réformer l'information et la communication (Inric) dénonce "les dérives" dans le secteur des médias.

- 3 mai: Le patron de Nessma TV, jugé pour l'affaire Persepolis, est condamné à une amende.

- 30 juin: Le directeur de la chaîne nationale de télévision al-Watanya, Sadok Bouaben, est limogé après le passage à l'antenne d'une ancienne responsable du parti de Ben Ali.

- 4 juil: L'Inric se saborde, accusant le gouvernement de recourir à "la censure".

- 17 août : Le groupe de presse Dar Essabah entame un mouvement de contestation contre la nomination d'un nouveau directeur. Le conflit est toujours en cours, plusieurs employés sont en grève de la faim depuis le 12 octobre.

- 30 août: Placement en détention pour corruption de Sami Fehri, patron d'Ettounsiya TV. L'intéressé accuse le pouvoir d'avoir ordonné son arrestation en représailles d'une émission politique satirique de Guignols dont la diffusion aurait été arrêtée "sous pression" des autorités.

- 17 oct : Grève nationale des journalistes pour dénoncer les pressions du du gouvernement dirigé par les islamistes d'Ennahda.

Le gouvernement cède sur une revendication des journalistes, promettant d'appliquer deux décrets vieux d'un an garantissant la liberté de la presse.

alf/sbh

PLUS:afp