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Syrie: l'émissaire appelle à un cessez-le-feu pour la fête de l'Aïd al-Adha

17/10/2012 07:15 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

BEYROUTH - L'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe en Syrie a appelé mercredi le président syrien à prendre l'initiative de décréter un cessez-le-feu durant une importante fête musulmane qui aura lieu à la fin du mois.

Lakhdar Brahimi a déclaré que des représentants des rebelles l'avaient assuré qu'ils respecteraient la trêve si le gouvernement faisait les premiers pas.

«Les Syriens enterrent des centaines de personnes par jour, alors s'ils enterrent moins de gens durant les jours de la fête, ça pourrait être le début de la fin d'une situation dangereuse qui continue de s'aggraver», a déclaré M. Brahimi devant les journalistes à Beyrouth.

La tentative de l'émissaire d'imposer un cessez-le-feu pendant les quatre jours de l'Aïd al-Adha, qui commence le 26 octobre, montre le peu de progrès faits par la diplomatie internationale depuis le début du conflit en Syrie, il y a 19 mois.

Contrairement à son prédécesseur, Kofi Annan, M. Brahimi a déclaré qu'il n'avait pas de plan précis pour mettre fin à la guerre en Syrie. Il a plutôt présenté le cessez-le-feu temporaire comme une étape «microscopique» qui permettrait d'alléger les souffrances des Syriens et ouvrirait la voie à une trêve à plus long terme.

Mais les autorités syriennes ont rejeté toute trêve avant même que Lakhdar Brahimi ne suggère l'idée publiquement, affirmant que les rebelles n'avaient pas de commandement unifié avec qui conclure un cessez-le-feu.

«Il y a un État, représenté par le gouvernement et l'armée, qui font front commun, et en face, qui représente l'autre front?», affirme un éditorial publié dans le journal pro-gouvernemental «Al-Thawra».

Lakhdar Brahimi a suggéré le cessez-le-feu après ses entretiens avec de hauts responsables du gouvernement libanais, dans le cadre d'une tournée régionale visant à trouver une issue à la crise syrienne. Il a déclaré que tous les pays devaient contribuer à faire cesser le bain de sang en bloquant les transferts d'armes afin que le conflit ne se répande pas davantage.

La Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar sont sympathiques aux rebelles et faciliteraient l'acquisition d'armes ou leur en fourniraient directement. L'Iran et la Russie, les principaux soutiens du régime de Bachar el-Assad, fournissent des armes sophistiquées à l'armée syrienne.

«Ces pays doivent réaliser, comme je l'ai entendu aujourd'hui au Liban, que la crise ne s'arrêtera pas à la frontière syrienne pour toujours», a dit M. Brahimi. «On doit s'en occuper, sinon, le conflit va se répandre, déborder et tout détruire.»

Le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, Jihad Makdessi, a déclaré dans un communiqué que le gouvernement syrien attendait que Lakhdar Brahimi vienne à Damas pour rendre compte de sa tournée régionale. «Toute initiative constructive» sera la bienvenue, a assuré M. Makdessi.

On ignore si M. Brahimi a l'intention de se rendre en Syrie après son passage à Beyrouth.

Sur le terrain, des militants de l'opposition ont rapporté des affrontements mercredi dans les provinces d'Idlib et d'Alep, dans le nord du pays, ainsi qu'autour de la capitale.

Les rebelles auraient abattu un hélicoptère de l'armée dans la région de Maaret al-Numan, où les combats font rage depuis que les rebelles ont pris le contrôle de la ville la semaine dernière.

L'armée turque a par ailleurs répliqué mercredi à un tir de mortier syrien tombé à trois mètres de la frontière, en territoire turc. L'échange de tirs n'a pas fait de victime, selon le gouverneur de la province turque d'Hatay.

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