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Syrie: les rebelles resserrent leur étau sur la base de Wadi Deif

17/10/2012 02:41 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

On graisse une nouvelle fois les culasses des kalachnikov. Des 4X4 noirs surmontés de mitrailleuses douchka se positionnent à couvert des parkings de villas en ruine. Les combattants s'entassent à l'abri de maisons aménagées en postes de combat.

Il règne comme une ambiance de veillée d'armes ce mercredi autour de la base militaire de Wadi Deif, près de la ville de Maaret al-Noomane, dans le nord de la Syrie.

Deux semaines après avoir pris le contrôle total de la ville, les rebelles ont resserré leur étau autour de ce camp où les soldats gouvernementaux ont fait retraite.

Les premières positions rebelles ne sont plus qu'à environ 800 mètres des défenses de la base assiégée. Elles forment un labyrinthe de sentiers, coursives et trous d'hommes dans les jardins et villas abandonnées d'un dernier faubourg de la ville déjà cerné par les oliviers.

Les bombardements quotidiens des chasseurs-bombardiers de l'aviation syrienne, s'ils ont réduit à l'état de décombres une partie de Maaret al-Noomane, n'ont pas fait reculer les insurgés.

Des hélicoptères de l'armée continuent de survoler le champ de bataille à haute altitude, minuscules points noirs dans le ciel. L'un de ces hélicoptères qui s'était aventuré à 1.500 mètres d'altitude a été abattu le matin même d'une rafale de mitrailleuse lourde.

L'engin a explosé en vol avant de s'écraser au sol en une boule de feu. Des rebelles à moto qui se rendaient sur place pour filmer les lieux du crash ont été la cible de tirs de mortiers. L'un d'eux, Sharif Talati, 18 ans, a été tué, ont indiqué des rebelles à l'AFP.

La base de Wadi Deif est située à environ deux kilomètres en périphérie est de Maaret al-Noomane, au-delà de l'autoroute stratégique reliant la capitale Damas à la grande métropole du nord Alep, dont les rebelles tiennent fermement une portion de plusieurs kilomètres, a-t-on constaté.

Une colonne de renforts envoyés par le régime depuis le sud a été stoppée trois kilomètres avant Maaret al-Noomane, selon les rebelles, qui affirment avoir détruit au moins quatre tanks mardi.

La colonne de chars et de véhicules blindés a reculé à une dizaine de kilomètres au sud de la ville, toujours d'après les rebelles.

Autour de Wadi Deif, des tireurs embusqués rebelles assaillent en permanence les défenses de la base. Les canons des fusils de précision dragonov pointent à travers un trou dans la muraille de pierre ou une fenêtre protégée par des sacs de sable.

"BMB!", crie un rebelle, qui vient de repérer grâce à ses jumelles un de ces véhicules blindés de transport de troupes en train de faire mouvement. Le sniper à ses côtés ouvre le feu. La douille éjectée tombe sur le carrelage dans un tintement métallique. Le tireur réarme, remet immédiatement l'oeil dans son viseur.

Une grande quantité de matériel, et près de 250 soldats gouvernementaux se trouveraient dans la base de Wadi Deif, sans espoir désormais d'être secourus, affirment les rebelles.

La présence d'un journaliste sur les premières lignes suscite une certaine effervescence, et des dizaines de combattants se regroupent, malgré la menace venue du ciel, pour parader devant les objectifs.

"Nous, les rebelles de Maaret al-Noomane, nous assiégeons Wadi Deif depuis une semaine, même s'ils nous bombardent avec des barils de TNT et des bombes à fragmentation", déclare l'un de leurs chefs, Abdelkader.

"Nous tenons bon, et bientôt, vous verrez, nous prendrons Wadi Deif", promet-il. "Nous ne voulons de l'aide de personne! Dieu est avec nous, nous vaincrons, et nous continuerons le combat jusqu'à Damas", promet-t-il, salué d'une salve d'"Allah akbar" (Dieu est grand).

"Chut", tente de calmer un rebelle plus avisé, inquiet que ce brouhaha n'attire les balles des lignes adverses.

hba/cnp

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