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Redevance audiovisuelle: vers un plan de rigueur à France Télévisions?

17/10/2012 01:37 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

PARIS - PARIS (Sipa) -- Au lendemain du refus de Matignon d'élargir la redevance audiovisuelle aux résidences secondaires, ce qui aurait pu générer un surcroît de recettes d'environ 110 millions d'euros pour l'audiovisuel public, l'avenir de France Télévisions, déjà confronté à un plan d'économies de 200 millions d'euros en 2013, semble toujours plus fragilisé.¶ Si la mesure proposée dans un amendement par le député PS Patrick Bloche le 10 octobre dernier n'aurait pas résolu les problèmes économiques du groupe, creusés en 2008 par la suppression de la publicité sur les chaînes du service public, l'élargissement de l'assiette de la redevance aurait pu donner un peu d'air à un service public sur la corde raide. Le projet de loi de finances 2013 prévoit une baisse de 86 millions d'euros de dotations pour le groupe.¶ "Entre le moment où l'amendement a été lancé et celui où il a été enterré, il n'y a jamais eu d'espoir parmi les salariés de France Télévisions", a assuré à Sipa un journaliste de la rédaction de France-2, qui a souhaité garder l'anonymat. "Ça fait déjà longtemps qu'on serre la vis drastiquement et que ça se ressent au quotidien dans notre travail. Depuis quatre ans, je vois les durées de tournage et les effectifs fondre comme neige au soleil", a-t-il ajouté. "Aujourd'hui, tout le monde pense au plan social".¶ "Si aucune solution n'est trouvée pour assurer l'équilibre de l'entreprise, on estime à plus de 1.000 le nombre d'emplois menacés", déclare à Sipa Marc Chauvelot, secrétaire général du SNRT-CGT France Télévisions. Rémy Pfimlin, président du service public, avait en outre déclaré à France Info le 3 octobre qu'une réduction du personnel de 500 emplois à l'horizon 2015 était envisagée, mais sans aucun "départ contraint". Après la douche froide assénée mardi par Matignon, Marc Chauvelot considère qu'il sera difficile pour Rémy Pfimlin de tenir son engagement.¶ "Le refus de Jean-Marc Ayrault d'élargir la redevance est une petite catastrophe qui met encore plus en péril la pérennité du service public", a déclaré à Sipa Dominique Pradalié, rédactrice en chef à France-2 et déléguée syndicale du personnel pour le SNJ. "Nous n'étions pas plus en faveur de cet amendement sur la redevance que pour une autre solution. Mais le drame, c'est qu'on a l'impression que le gouvernement de François Hollande fait pire que celui de Nicolas Sarkozy. Si l'Etat ne trouve pas de solution pérenne, ça voudra dire qu'il se désengage complètement vis-à-vis du service public", a-t-elle ajouté.¶ A la direction de France Télévisions, on indiquait qu'il n'y aurait pas de déclaration officielle sur ce sujet.¶ mhs/sbo/vvd/mw

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