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RDCongo: Rwanda et Ouganda continuent de soutenir les rebelles du M23 (rapport ONU)

17/10/2012 12:11 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

Un rapport confidentiel des Nations unies accuse le Rwanda et l'Ouganda de continuer à armer les rebelles du mouvement M23 dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), allant jusqu'à dire que le ministre rwandais de la défense commande "de facto" la rébellion.

Selon ce rapport, dont l'AFP a eu copie, "le gouvernement du Rwanda continue de violer l'embargo sur les armes (imposé en RDCongo) en fournissant un soutien militaire direct aux rebelles du M23, en facilitant leur recrutement (...) ainsi qu'en (leur) fournissant armes, munitions et conseils politiques".

"De hauts responsables du gouvernement ougandais ont aussi fourni un appui au M23 sous forme de renforts directs de troupes sur le territoire de la RDCongo, de livraisons d'armes, d'assistance technique, etc..", ajoute le texte.

Le rapport affirme aussi que "la chaîne de commandement de facto du M23 inclut le général Bosco Ntaganda et qu'elle a à sa tête le ministre rwandais de la Défense, le général James Kabarabe".

Le général mutin congolais Bosco Ntaganda est l'un des protagonistes des combats dans les Kivus (est de la République démocratique du Congo). La Cour pénale internationale a délivré en juillet un mandat d'arrêt contre lui pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

Le rapport affirme aussi que des unités ougandaises et rwandaises "ont soutenu ensemble le M23 dans une série d'attaques en juillet 2012 pour prendre le contrôle des principales localités du Rutshuru ainsi que de la base" militaire de Rumangabo tenue par les forces gouvernementales congolaises.

Au cours de ces combats en juillet, un Casque bleu indien de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco) avait été mortellement blessé par un éclat.

Selon les experts de l'ONU, les rebelles ont "étendu leur contrôle sur le territoire de Rutshuru en bénéficiant d'un large appui extérieur et ont récemment profité d'un cessez-le-feu informel pour renforcer leurs alliances et diriger indirectement des opérations" dans d'autres parties de la région.

Toujours d'après le rapport, "le recrutement d'enfants soldats par des groupes rebelles, en particulier par le M23, a augmenté". Plusieurs commandants du M23 ont ainsi ordonné l'enrôlement "de centaines de jeunes garçons et filles" et certains commandants ont procédé à des exécutions sommaires de "dizaines de recrues et de prisonniers de guerre".

Les mêmes experts, chargés de surveiller l'application des sanctions de l'ONU en RDCongo, avaient publié en juin dernier un premier rapport intérimaire où ils disaient disposer de "preuves accablantes" que des hauts gradés de l'armée rwandaise "dans l'exercice de leurs fonctions officielles soutiennent les rebelles en leur fournissant des armes, du ravitaillement militaire et de nouvelles recrues".

Dans leur nouveau rapport plus complet et détaillé, les experts expliquent "n'avoir trouvé aucun élément significatif" à retrancher à leurs premières conclusions.

Le Rwanda et l'Ouganda ont toujours démenti les accusations de soutien à la rébellion du M23.

La ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a accusé mercredi les auteurs du rapport de "mener une campagne politique" et de passer sous silence "les véritables causes du conflit" en RDCongo.

Son homologue ougandais Henry Okello Oryem a qualifié le rapport de "plaisanterie" et a mis les experts au défi de "présenter des preuves". Selon lui, le président ougandais Yoweri Museveni va continuer ses efforts de médiation car les dirigeants de la région n'accorderont aucun crédit à ce rapport.

Le Mouvement du 23 mars (M23) est formé par d'anciens rebelles qui, après avoir été intégré en 2009 dans l'armée congolaise, se sont ensuite mutinés et affrontent depuis mai dernier l'armée régulière de la RDC.

avz/rap

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