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Plan Nord et créativité en conclusion de la visite de Pauline Marois à Paris

17/10/2012 01:44 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

PARIS - Le Québec «garde le cap sur le Plan Nord». La première ministre Pauline Marois l'a promis mercredi aux patrons des plus grandes multinationales françaises, mais en annonçant que des changements seront apportés à la politique de redevance et de construction des infrastructures.

Concluant sa visite à Paris, elle a par ailleurs annoncé que la France et le Québec entendaient désormais mettre «l'innovation et la créativité» au coeur de leur relation.

La question du Plan Nord a été abordée en matinée derrière des portes closes, lors d'un petit déjeuner au siège du MEDEF, le tout puissant Mouvement des entreprises françaises. Autour de la table prenaient place les dirigeants d'une dizaine de multinationales: le géant pétrolier Total, Alstom, EADS, Thales, GDF Suez, Lafarge, Ubisoft ou encore Veolia.

Mme Marois s'est défendue d'avoir cherché à les rassurer, mais c'est bien de cela dont il s'agissait, après les critiques qu'elle a formulées pendant la campagne électorale.

«Je n'avais pas nécessairement à les rassurer, mais ils avaient des questions à poser. Ils voulaient nous entendre. Ce que je leur ai dit, c'est que nous allions continuer à développer le Nord, en respect des peuples autochtones et des Premières Nations qui occupent le territoire et avec un certain nombre de changements», a dit Mme Marois.

Ces «inflexions», pour reprendre le terme employé par le ministre des Relations internationales et du Commerce extérieur, Jean-François Lisée, porteront sur les redevances et la gestion des infrastructures.

«J'ai redit que nous voulons avoir une contribution sur la valeur brute des ressources (minières)», a raconté Mme Marois.

La première ministre a également répété que son gouvernement souhaitait que la deuxième et la troisième transformation se fassent au Québec, pour que «les retombées en termes de création de richesse reviennent entre les mains de tous les Québécois».

Des incitatifs fiscaux en ce sens sont envisagés, tout comme la création d'un impôt sur les surprofits. Pour ce qui de la construction des routes et des infrastructures, Québec envisage des «échanges de bons procédés» qui permettraient par exemple au Québec de participer au capital-actions de la société qui en profite.

Une nouvelle phase

Au terme de sa visite à Paris, Mme Marois a estimé qu'une «nouvelle phase» venait d'être inaugurée dans les relations franco-québécoises. Elle aura pour thème «l'innovation et la créativité» et se déclinera dans les domaines de la jeunesse, de l'économie (privée ou solidaire) et de la culture.

L'idée est encore vague. «C'est volontaire», a reconnu la première ministre, avant de préciser que le calendrier de cette nouvelle étape sera confirmé dans les prochaines semaines, pour être dévoilé en février lors de la visite au Québec du premier ministre français Jean-Marc Ayrault.

Le ministre Lisée s'est chargé de préciser le concept, qui vise à faire de Montréal la «capitale de la créativité et de l'innovation».

«Nous avons choisi ce thème qui est fédérateur et très porteur d'avenir parce que c'est un créneau sur lequel nous sommes très forts, qui est en émergence. On est vraiment au début de cette tendance-là», a dit M. Lisée.

Le levier de cette ambition sera le C2-MTL, la Conférence internationale sur la créativité, le commerce et l'innovation. Imaginé par le Cirque du Soleil et l'agence Sid Lee, ce «happening d'affaires» tiendra sa deuxième édition en mai. On y attend notamment le designer Philippe Starck, des fondateurs et des patrons de grandes entreprises ou des femmes d'affaires comme la top-modèle Elle MacPherson. Pierre Moscovici, l'influent ministre français de l'Économie et des Finances que Mme Marois a vu mardi, participera à l'événement, à la tête d'une délégation d'innovateurs, avec à la clé «des retombées, des partenariats, une réputation».

«Ils veulent en faire, on veut en faire nous aussi, le Davos de l'innovation et la créativité. La France va nous aider à le faire», a ajouté le ministre Lisée.

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