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Montpellier: un condamné à deux ans avec sursis pour homicides involontaires

17/10/2012 01:59 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

MONTPELLIER, France - MONTPELLIER (Sipa) -- Un ancien sergent de la Direction générale de sécurité extérieure (DGSE) a été condamné mercredi à deux ans d'emprisonnement avec sursis pour homicides involontaires à la suite de la mort de deux autres agents lors d'un exercice avec des explosifs en mars 2009 à Espira de l'Agly, près de Perpignan (Pyrénées-Orientales). Le ministère public avait requis plus tôt deux ans d'emprisonnement, dont 18 mois avec sursis.

Le 30 mars 2009, au cours d'un stage pratique à destination de soldats d'élite, Nicolas Poinot et Thomas Bouffard ont mené, en duo et sans encombre, trois exercices avec diverses charges (15 grammes, 100 grammes et 200 grammes). C'est au cours du quatrième exercice que l'adjudant Nicolas Poinot et le stagiaire Guillaume Gras ont été tués, déchiquetés par dix kilos d'explosifs enclenchés prématurément par le prévenu, l'ex-sergent Thomas Bouffard.

Le procureur Damien Kincher a estimé que le sous-officier Bouffard, qui travaillait à la cellule explosifs de la DGSE, est le responsable direct de cet accident. Il a "mis en oeuvre ces explosifs, sans l'ordre express de son chef" et sans vérifier que tous les membres de l'exercice étaient bien à l'abri. Il a fait "preuve d'une faute d'inattention, trahi par ses habitudes", a-t-il rajouté, évoquant une "petite faute mais de grandes conséquences".

Les avocats de la défense comme des parties parties civiles ont relevé les manquements de la hiérarchie militaire dans cette affaire. Deux officiers supérieurs avaient été placés sous le statut de témoin assisté pendant l'enquête avant de bénéficier d'un non-lieu.

Lors de cette audience, l'ex-militaire a reconnu que plusieurs règles de sécurité n'ont pas été respectées lors de cet exercice, tant par lui que par sa hiérarchie. Il n'aurait pas compté le nombre de stagiaires présents derrière l'abri lors de la mise à feu. Il a également noté qu'aucune fiche de sécurité, présentant le déroulé de la séance de stage, n'avait été dressée ni par Nicolas Poinot, ni par un officier.

"Depuis trois ans et demi maintenant, je pense tous les jours à Nicolas et à Guillaume. Je sais très bien que ça aurait pu être l'inverse, j'aurais préféré que ce soit lui qui soit vivant aujourd'hui", a-t-il déclaré. Depuis ce drame, il a quitté l'armée d'un "commun accord" avec sa hiérarchie.

Le tribunal a ordonné que cette condamnation ne figure pas au casier judiciaire de l'ancien militaire.

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