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Mondial/Qualif. - La machine Espagne grippée face à la France

17/10/2012 07:29 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

Après un bon début face aux Bleus mardi, l'Espagne (1-1) s'est essoufflée, au point de ne plus ressembler à l'équipe sacrée championne du monde et double championne d'Europe: la faute à des problèmes conjoncturels, mais aussi des dysfonctionnements plus profonds.

. Fin de séries. L'égalisation de Giroud à l'ultime seconde a sonné le glas de plusieurs séries en cours chez les Espagnols. Notamment celle de neuf victoires de rang (si l'on inclut le match 0-0 remporté aux tirs au but contre le Portugal en demi-finale de l'Euro-2012). Et, signe d'une défense décidément moins à l'aise en l'absence des blessés Puyol et Piqué, Casillas a aussi dû dire adieu à une invincibilité qui aura duré sept matches en compétition (si on excepte la séance de tirs au but de l'Euro, 0-0 après prolongation). Si l'Armada reste toujours hermétique aux défaites - sa dernière en compétition remonte à son premier match du Mondial-2010 contre la Suisse (1-0) - ces différentes fins de série montrent toutefois que les triples champions possèdent eux aussi des points faibles.

. Un milieu petit à petit étouffé par les Bleus. Si l'Espagne a lâché prise en seconde période mardi, c'est essentiellement en raison des défaillances de son milieu de terrain, arme d'ordinaire fatale de la Roja. Il n'a pas fonctionné avec la même fluidité que d'habitude. Défensivement, l'absence de Busquets, réaffecté en défense centrale en l'absence de Piqué et Puyol, aura clairement pesé. De l'aveu même du sélectionneur Vicente Del Bosque, "au milieu, l'Espagne n'a pas eu cet équilibre que lui donnent habituellement Alonso et Busquets". Et offensivement, les créateurs Iniesta et Xavi, présents en première période, se sont éteints sous la pression des milieux défensifs Matuidi et Sissoko, ce dernier auteur d'une très bonne entrée.

. Ramos-Busquets, une charnière qui grince. Autant Busquets est performant au milieu, autant il n'est pas la panacée en défense centrale. Le milieu de Barcelone a beau être extraordinairement polyvalent, il n'est tout de même pas aussi tranchant que Piqué ou Puyol derrière. Signe qu'elle suit bel et bien le baromètre du Barça, à qui elle emprunte son "logiciel de jeu", la Roja s'est heurtée au même problème que les Catalans, obligés de recourir actuellement au système D avec l'association Mascherano-Adriano. Si l'on ajoute à cela que les latéraux espagnols se sont laissé aspirer plus que de coutume (la perte de balle de Juanfran sur l'égalisation française en témoigne), la défense ibérique a perdu mardi de sa superbe.

. Les blessés contrarient les plans de Del Bosque. Alors que les problèmes de l'Espagne au milieu sont structurels, il faut aussi dire que les champions du monde ont joué de malchance, mardi. Les blessures de Silva dès la 10e minute et d'Arbeloa à la 50e, outre qu'elles privaient Del Bosque de deux joueurs solides et fiables, l'ont aussi perturbé dans son coaching. De ce fait, des jokers comme Navas ou Villa, qui donnent souvent un second souffle à la Roja, n'ont pas pu entrer en scène. "Nos deux blessés ont fortement conditionné nos changements", a-t-il insisté a posteriori. Avant de reconnaître avoir longuement hésité sur son dernier changement: "Nous ne savions pas s'il fallait renforcer notre milieu ou lancer Fernando Torres pour tenter de tuer le match". En optant pour l'ancien joueur de l'Atletico, qui souhaitait retrouver le public de Vicente-Calderon, le sélectionneur espagnol a sans doute cette fois-ci fait le mauvais choix.

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