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Mondial-2014/Qualifications - Désespérante Allemagne

17/10/2012 08:33 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

L'improbable match nul (4-4) concédé mardi par l'Allemagne face à la Suède, après avoir mené 4-0, incarne jusqu'à l'absurde l'état actuel de la Nationalmannschaft: une équipe si brillante devant mais si désespérément fragile.

Jamais en 104 ans d'histoire de la sélection allemande - ni même peut-être dans un match officiel international - une équipe n'avait gâché un avantage de cette ampleur.

"Cela ne peut que prêter à sourire, de voir qu'aujourd'hui ce genre de chose est encore possible", essayait dès mardi soir de relativiser Franz Beckenbauer à la télévision allemande.

Pas sûr pourtant que les zygomatiques soient les muscles les plus sollicités chez le sélectionneur Joachim Löw, qui a renoncé à toute tentative d'explication après le match alors qu'il est habituellement si volubile.

"Honnêtement, immédiatement après le match, je ne peux pas trouver d'explication. Laisser filer un avantage de 4-0 n'est normalement pas possible", a-t-il dit.

"On ne peut pas attribuer ça à un joueur ou à une erreur particulière, c'est toute l'équipe qui a manqué de détermination", a-t-il ajouté, comme un aveu d'impuissance.

Il n'a - à raison - même pas essayé de s'abriter derrière les absences du ratisseur Sami Khedira au milieu et du stoppeur Mats Hummels. Après tout, Toni Kroos et Per Mertesacker étaient tout à fait légitimes aux postes qu'ils occupaient.

Malgré le scénario rocambolesque et inédit de la dernière demi-heure, la thèse de l'accident fait également long feu.

Bien au contraire, ce sont les carences (trop) bien connues de l'équipe allemande de l'ère Löw, qui se sont réveillées mardi, dans des proportions inquiétantes.

Le manageur général de l'équipe d'Allemagne, Oliver Bierhoff a ainsi reconnu, dans le journal Süddeutsche Zeitung, avec davantage de lucidité que Löw: "ce n'est pas la première fois qu'on laisse l'adversaire revenir dans une partie parce que l'on n'a pas le mordant nécessaire pour plier l'affaire".

Composée de jeunes gens talentueux, bien élevés, travailleurs, la Nationalmannschaft manque cruellement de personnalité, particulièrement quand les choses ne tournent pas rond.

Les quelques joueurs qui tiraient encore l'ensemble vers le haut n'arrivent plus à assumer ce rôle.

Bastian Schweinsteiger continue à arpenter le milieu de terrain à la recherche du meneur qu'il était il y a un an encore, alors que le capitaine Philip Lahm, sans conteste précieux offensivement, ne relève pas le niveau de la ligne arrière.

Les Suédois étaient, certes, bien plus motivés et offensifs lors du deuxième acte, mais - sans leur faire offense - Ibrahimovic ou ses coéquipiers n'ont pas affiché un talent éblouissant pour marquer à quatre reprises.

Holger Badstuber était aux abonnés absents sur deux des quatre buts suédois, et même Manuel Neuer, dernier rempart généralement irréprochable, a fait montre d'une fébrilité coupable.

Dans la foulée d'un match remporté avec une facilité trompeuse à Dublin (6-1), face à l'Eire, et après une heure de jeu offensif admirable, jusqu'au 4-0, contre les Scandinaves, il était facile d'oublier à quel point cette équipe est friable dans ses fondations et dans sa tête.

Malgré ce coup d'arrêt après 13 victoires consécutives en matches éliminatoires, la qualification pour le Mondial-2014 brésilien ne fait guère de doute.

Mais les chances de remporter le titre suprême, seul objectif de l'Allemagne après de nombreuses places d'honneur ces dernières années, seront proches de zéro, tant que Joachim Löw n'aura pas trouvé de parade aux deux principales faiblesses du groupe: l'absence de vrais leaders et la défense friable.

hap/aro/jr

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