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"Le président américain peut assassiner légalement au nom de la Sécurité nationale" (Khaled Cheikh Mohammed)

17/10/2012 04:34 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

Le cerveau autoproclamé des attentats du 11-Septembre, Khaled Cheikh Mohammed, a déclaré mercredi devant un tribunal militaire de Guantanamo, que le président américain pouvait "assassiner légalement au nom de la Sécurité nationale, pour les citoyens américains".

Le principal accusé des attaques qui ont fait près de 3.000 morts a exceptionnellement demandé la parole au troisième jour d'une audience préliminaire visant à préparer le procès où il encourt la peine de mort.

"Le président peut prendre quelqu'un et le jeter à la mer au nom de la sécurité nationale", a-t-il également déclaré, en référence au chef d'Al-Qaïda Oussama ben Laden, tué il y a un an au Pakistan.

Souvent considéré comme provocateur, M. Mohammed, appelé "KSM" pour ses initiales en anglais, a été autorisé à prendre la parole, après discussion entre les parties, sous la protection d'un différé de 40 secondes qui aurait permis à la censure de brouiller ses propos s'il avait abordé des questions sensibles.

Depuis sa détention dans une prison secrète de la CIA, de 2002 à 2006, où il a subi des mauvais traitements assimilés à de la torture, le gouvernement américain craint que KSM ne délivre des informations classifiées. Il a subi 183 simulations de noyade à cette époque, a reconnu le gouvernement.

"Au nom de Dieu", a-t-il commencé, "quand le gouvernement est triste parce que 3.000 personnes ont été tuées le 11-Septembre, on devrait se sentir désolé que le gouvernement américain... ait tué des millions de personnes au nom de la Sécurité nationale".

"Chaque dictateur peut choisir sa définition" de la sécurité nationale, a-t-il prévenu, "avec cette définition, beaucoup peuvent tuer des gens au nom de la Sécurité nationale, beaucoup peuvent torturer au nom de la Sécurité nationale et détenir des enfants au nom de la Sécurité nationale", a-t-il fustigé.

"Votre sang n'est pas fait d'or et le nôtre n'est pas fait d'eau", a conclu le quadragénaire, considéré comme un proche de Ben Laden.

chv/bdx

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