BIEN-ÊTRE

Le prix Nobel de littérature Mo Yan entre au programme des lycées chinois

17/10/2012 11:12 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

Le ministère chinois de l'Education a décidé de faire figurer l'une des nouvelles du nouveau prix Nobel de littérature, Mo Yan, dans les manuels lycéens, rapportait le China Daily le 15 octobre.

La nouvelle intitulée Le Radis de cristal sera donc bientôt lue et étudiée par plus de 25 millions de lycéens chinois.

Publiée en 1985 et décrivant la vie et les méditations de Chinois ruraux ordinaires, elle serait le miroir de la jeunesse difficile de l'écrivain.

Mo Yan, l'un des principaux auteurs chinois contemporains, est devenu la semaine dernière le premier ressortissant de l'empire du Milieu à obtenir le prix Nobel de littérature. Ses descriptions piquantes, glissant lentement vers un surréel fantasmé, constituent souvent le point de vue d'un paria.

"Les cercles littéraires chinois sont enthousiastes depuis l'annonce du prix", explique au Beijing Times Zhang Xiafang, de la Maison d'édition du ministère de l'Education, du langage et de la culture. "Il s'agit d'un événement historique. C'est pourquoi il est nécessaire que nos étudiants connaissent l'oeuvre de l'écrivain récompensé".

Le Radis de cristal figurera dès le printemps prochain dans le corpus littéraire des lycées, aux côtés de quarante autres oeuvres chinoises et étrangères. Parmi elles, une seule émane d'un auteur chinois contemporain : il s'agit de Sur la route à dix-huit ans, de Yu Hua.

Mais la décision du ministère est critiquée par certains. "La nouvelle de Mo Yan a été écrite voici des années. Pourquoi ne font-il entrer cet écrivain au programme qu'après qu'on lui ait décerné le prix Nobel ?", s'interroge Xiong Bingqi, directeur adjoint de l'Institut de recherches éducatives du 21e siècle, un organisme indépendant.

Le 14 octobre, l'écrivain shanghaien Zhou Limin a déclaré dans son microblog : "Je ne m'oppose pas à ce que l'on permette aux lycéens de découvrir l'oeuvre de Mo. Ce que je n'apprécie pas, c'est que les éditeurs de manuels scolaires soient omnibulés par le Prix Nobel, au lieu de prendre des décisions dictées par le bon sens".

Pendant que ses livres s'arrachent dans tout le pays, la télévision et le cinéma parlent déjà d'adapter les oeuvres de Mo Yan. Selon Jingdianbowei Culture Development Co Pékin, l'entreprise qui détient des droits sur les publications de Mo Yan, plus de vingts postulants ont manifesté la volonté de racheter ces droits depuis l'annonce du prix, rapportait la semaine dernière le média taïwanais WantChinaTimes.