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Le ministre Toews refuse d'identifier les menaces à la cybersécurité du Canada

17/10/2012 05:17 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

OTTAWA - Le gouvernement fédéral est préoccupé par sa propre cybersécurité, mais le ministre de la Sécurité publique refuse d'indiquer d'où viennent les menaces.

Alors que les États-Unis et d'autres pays ont publiquement identifié des sociétés chinoises comme des menaces potentielles, Vic Toews ne voit pas pourquoi il devrait citer des noms — du moins pour l'instant.

Le ministre a admis, mercredi, que certains pays représentent un risque plus important que d'autres, mais il n'a pas voulu indiquer lesquels.

Une entreprise qui fait présentement l'objet d'une surveillance dans le monde est le géant chinois des télécommunications Huawei, déjà actif au Canada et qui pourrait soumissionner des contrats gouvernementaux.

L'Australie a déjà interdit à cette entreprise de participer aux appels d'offres du gouvernement, et les États-Unis seraient sur le point d'adopter une interdiction similaire.

Le ministre Toews n'a pas voulu dire si le Canada suivra les États-Unis.

«Les Américains prennent leurs décisions et nous prenons les nôtres», a-t-il déclaré.

M. Toews a fait ces commentaires alors qu'il annonçait un investissement de 155 millions $ sur cinq ans pour renforcer l'infrastructure de technologies de l'information du gouvernement fédéral, et pour améliorer la détection des «cybermenaces».

Ces fonds s'inscrivent dans la Stratégie de cybersécurité du Canada, et s'ajoutent au financement de 90 millions $ sur cinq ans et aux 18 millions $ récurrents, annoncé en 2010.

Cette annonce arrive tout juste après que le sous-lieutenant des Forces canadiennes Jeffrey Paul Delisle ait reconnu sa culpabilité à des accusations d'espionnage. La semaine dernière, il a admis en Cour provinciale de Nouvelle-Écosse avoir transmis des renseignements secrets à la Russie entre 2007 et 2012.

Cet investissement dans la cybersécurité du pays arrive également quelques jours avant le dépôt d'un rapport du vérificateur général du Canada qui évaluera si le gouvernement fédéral se protège suffisamment contre les cybermenaces. Le rapport devrait être rendu public la semaine prochaine.

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