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Lance Armstrong, lâché par Nike, est de plus en plus seul

17/10/2012 11:05 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

Lance Armstrong, accusé de dopage, est de plus en plus seul: il a été brutalement lâché mercredi par l'un de ses plus solides soutiens, l'équipementier sportif Nike, et a démissionné de la présidence de Livestrong, sa fondation de lutte contre le cancer.

Une semaine après le rapport accablant de l'Agence américaine antidopage (Usada), qui a détaillé son rôle dans "le programme de dopage le plus sophistiqué jamais vu dans l'histoire du sport", l'Américain de 41 ans, retraité depuis début 2011, a annoncé qu'il prenait du champ avec Livestrong, une association caritative qu'il avait fondée en 1997 après avoir vaincu un cancer.

Quelques minutes plus tard, Nike, fidèle allié d'Armstrong depuis 1996, l'année où il a appris sa maladie, a coupé les ponts avec le Texan dans un communiqué lapidaire, en raison de "preuves apparemment rédhibitoires sur le fait qu'il s'est dopé et a trompé Nike pendant plus de dix ans".

Un changement de ton complet par rapport au soutien apporté par la firme américaine il y a une semaine après la publication du rapport explosif de l'Usada, fondé notamment sur les témoignages sous serment de 26 personnes, dont 11 anciens coéquipiers d'Armstrong.

L'Agence y dépeint Armstrong sous un jour noir, l'accusant de s'être dopé sous de multiples formes durant l'essentiel de sa carrière, notamment lors de ses sept victoires sur le Tour de France (1999-2005), d'avoir détenu et fourni des produits dopants et d'avoir encouragé ses coéquipiers à se doper.

Encore récemment, Nike faisait aveuglement confiance à Armstrong, martelant qu'il a toujours affirmé son innocence de façon "inébranlable".

Traditionnellement, Nike a toujours soutenu ses athlètes embarqués dans des situations compromettantes. La célèbre marque à la virgule ("swoosh") n'a par exemple jamais lâché Tiger Woods quand le golfeur s'est retrouvé englué dans un scandale d'infidélité conjugale très médiatique en 2010.

Le basketteur Kobe Bryant avait pu compter sur l'appui de Nike quand il avait été accusé de viol en 2003. Le joueur de football américain Michael Vick, coupable d'avoir organisé des combats de chiens et tué certains de ces molosses, a retrouvé un contrat avec Nike après avoir purgé un an et demi de prison.

L'équipementier n'a jamais publiquement donné de détail sur le montant ou la durée du contrat qui le liait à Armstrong.

Mais le "swoosh", jaune comme la couleur du maillot de vainqueur du Tour de France, était indissociable de l'Américain et l'iconique bracelet jaune, lancé par Nike et Livestrong en 2004 et vendu à 80 millions d'exemplaires en faveur de la lutte contre le cancer, était d'ailleurs l'emblème de la marque Armstrong.

"500 millions"

Selon des estimations de la presse américaine, la firme de l'Oregon versait huit millions de dollars par an à la fondation d'Armstrong. Elle a néanmoins précisé mercredi qu'elle allait continuer à faire des dons à Livestrong.

Cerné de toutes parts, Armstrong a choisi de s'éloigner de sa fondation afin de la préserver des dommages collatéraux.

"Aujourd'hui, pour épargner à la fondation les effets négatifs liés à la controverse entourant ma carrière de cycliste, je mets fin à mes fonctions de président", a simplement indiqué le Texan dans un communiqué.

Ce retrait intervient à deux jours du début des festivités marquant le 15e anniversaire de Livestrong, à Austin (Texas), où Armstrong sera présent. Il l'avait lancée en 1997 sous le nom de "Lance Armstrong Foundation".

Selon son PDG Doug Ulman, Livestrong a, grâce au "leadership" de Lance, "eu le privilège d'amasser près de 500 millions de dollars pour venir en aide aux gens touchés par le cancer".

Armstrong a été radié à vie du sport de compétition par l'Usada, qui a invalidé tous ses résultats depuis le 1er août 1998, dont ses sept succès dans le Tour de France. Mais il revient juridiquement à la Fédération internationale de cyclisme (UCI) de priver le Texan de ses victoires dans la Grande Boucle ou de contester les 1000 pages du rapport de l'agence en saisissant le Tribunal arbitral du sport (TAS). L'UCI devrait se prononcer avant la fin du mois.

bpe-bur/sk

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