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La tuberculose continue à reculer mais le combat reste "fragile"

17/10/2012 10:06 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

La tuberculose, qui a tué 1,4 million de personnes en 2011, continue à reculer et de nouveaux remèdes sont en vue, mais le combat contre la maladie "reste fragile" à cause d'un financement insuffisant, a annoncé mercredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"D'un côté, nous avons de nouveaux outils qui pourraient faire une vraie différence et même faire rêver à une élimination de la maladie mais de l'autre, la stagnation menace si de nouveaux financements ne sont pas rapidement mobilisés", a indiqué le Dr Mario Raviglione, directeur à l'OMS du département Halte à la tuberculose.

"Nous sommes aujourd'hui à la croisée des chemins, vers l'élimination de la tuberculose de notre vivant ou vers des millions de décès supplémentaires dus à la maladie", a averti le responsable devant la presse à Washington, avant de détailler le rapport 2012 de l'OMS.

8,7 millions de personnes ont ainsi contracté le bacille en 2011 (dont 13% sont également infectées par le virus du sida), contre 8,8 millions l'année précédente, enregistrant une baisse de 41% depuis 1990.

1,4 million de personnes, comme l'année précédente, en sont mortes, faisant de la tuberculose "la principale maladie infectieuse mortelle aujourd'hui". La mortalité avait atteint un sommet en 2003 avec 1,8 million décès.

59% des cas ont été détectés en Asie, 26% en Afrique. L'Inde et la Chine sont les deux pays les plus touchés, avec presque 40% des cas dans le monde. Avec la Russie et l'Afrique du sud, on atteint deux-tiers des cas.

500.000 enfants de moins de 15 ans ont été touchés, 64.000 sont morts en 2011, détaille pour la première fois l'OMS.

Mais de 1995, date du lancement d'un programme mondial de lutte, à 2011, 51 millions de personnes ont pu être soignées et 20 millions de vies épargnées.

Un tiers des cas estimés ne sont pas diagnostiqués aujourd'hui, contre 70% il y a dix ans.

Deux médicaments totalement nouveaux, "pour la première fois depuis 40 ans", des groupes américain Johnson and Johnson et japonais Otsuka, devraient être approuvés courant 2013, contre la tuberculose multirésistante, la forme la plus sévère de la maladie, indique le Dr Raviglione.

Un nouveau vaccin antituberculeux pourrait être disponible dans les dix ans.

L'OMS pointe également les résultats "impressionnants" obtenus par un nouveau test qui peut donner un diagnostic en 100 minutes, disponible dans 67 pays et, depuis août, beaucoup moins coûteux.

Mais la lutte "reste fragile", estime l'OMS.

Les progrès sont "toujours très lents" pour diagnostiquer la tuberculose multirésistante. En Inde et en Chine, pays les plus touchés, une seule personne sur dix est diagnostiquée.

"On a un nouveau test, on aura les médicaments, mais le financement manque", a souligné le médecin.

Il manque jusqu'à 3 milliards de dollars par an pour lutter contre la maladie alors que 8 milliards par an sont nécessaires et 1,4 milliard par an manque sur les 2 nécessaires pour la recherche et le développement.

En l'absence de ce financement, "on aura une situation tragique, on continuera à avoir des morts", a-t-il prévenu.

L'OMS appelle à un "financement international ciblé par les donateurs et à la poursuite des investissements par les pays eux-mêmes" pour protéger les acquis et progresser.

Aujourd'hui, 90% de l'aide de donateurs extérieurs pour la tuberculose provient du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Pour les associations, le rythme de la lutte contre la tuberculose doit s'accélérer. "Les traitements sont inadéquats", estime ainsi TB Alliance, qui prône des médicaments "plus rapides, moins complexes et moins chers".

Médecins Sans Frontières a dénoncé les "niveaux de diagnostic et de soins terriblement bas".

ff/are

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