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La sécurité est mise en doute après un vol majeur à un musée de Rotterdam

17/10/2012 06:02 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

AMSTERDAM, Pays-Bas - La police néerlandaise enquêtait mercredi sur plusieurs indices fournis par le public, au lendemain du vol de sept tableaux au musée Kunsthal de Rotterdam, dont un Picasso et deux Monet, un butin de plusieurs millions d'euros.

Les voleurs semblent avoir usé surtout de force et de vitesse pour perpétrer leur méfait.

La police néerlandaise a dit mercredi ne pas avoir encore de suspects dans ce vol d'oeuvres d'art le plus imposant au pays en plus d'une décennie.

Grâce à un appel auprès de témoins potentiels diffusé à la télévision mardi soir, la police a reçu une quinzaine d'informations du public, a précisé Willemieke Romijn, une des porte-parole de la police. Les enquêteurs étudiaient également les images des caméras de vidéo-surveillance prises au moment du vol, à 3h du matin mardi.

Sept tableaux de grande valeur, dont un Picasso, un Matisse, un Gauguin, deux Monet et un Lucian Freud ont été volés au musée Kunsthal de Rotterdam, a annoncé mardi la police néerlandaise.

Chris Marinello, à la tête du site Art Loss Register, qui recense les oeuvres volées, a estimé que les tableaux vaudraient «des centaines de millions d'euros» s'ils étaient vendus aux enchères et que les voleurs savaient ce qu'ils faisaient.

Les tableaux, exposés ensemble pour la première fois depuis le 7 octobre et normalement jusqu'au 20 janvier, faisaient partie de la collection privée de la Fondation Triton (Triton Foundation) du milliardaire Willem Cordia, un investisseur et homme d'affaires décédé en 2011.

La directrice du musée, Emily Ansenk, a rejeté les critiques sur les mesures de sécurité de l'établissement. En conférence de presse, mardi soir, elle a affirmé que la sécurité était assurée «dans les règles de l'art», en ajoutant que les sociétés privées avaient accepté d'assurer l'établissement pour les pièces de la collection.

Ce vol a suscité des questions à savoir si la sécurité était adéquate au musée de Kunsthal, oeuvre de l'architecte danois de renom Rem Koolhaas, abritant des toiles prestigieuses de grande valeur. Des experts ont soutenu que la conception même de l'édifice et l'endroit où il est situé pourraient avoir initialement attiré des brigands.

«Parlant à titre d'aimant des musées, l'endroit est fantastique, a exprimé le spécialiste de la sécurité dans les musées Ton Cremers. Mais en tant qu'expert de la sécurité, je dirais qu'il s'agit d'un cauchemar.»

Le musée est situé aux abords d'une grande route menant à un carrefour giratoire, à environ un kilomètre de l'établissement, faisant le lien avec des autoroutes dans trois directions. L'espace d'exposition où se trouvaient les toiles volées est un grand secteur carré, au niveau plancher, visible de l'extérieur par des murs vitrés.

Bien que la police ait été avare de détails sur l'incident, elle a indiqué que l'entrée par effraction est survenue à environ 3h, après le déclenchement de l'alarme.

Des traces de pneus sont encore visibles dans l'herbe derrière l'édifice. La police parcourait le secteur, mardi, à la recherche d'empreintes.

Des agents étaient sur les lieux en moins de cinq minutes après le déclenchement de l'alarme, selon la directrice du musée, mais les voleurs avaient déjà pris la fuite.

Les tableaux emportés sont «Tête d'Arlequin» de Pablo Picasso (1971); «Waterloo Bridge London» («Pont de Waterloo, Londres») et «Charing Cross Bridge, London» («Pont de Charing Cross, Londres») de Claude Monet (1901); «La Liseuse en blanc et jaune» d'Henri Matisse (1919); «Femme devant une fenêtre ouverte, dite La Fiancée» de Paul Gauguin (1898); «Autoportrait» de Meyer de Haan (vers 1890), et «Woman with Eyes closed» («femme aux yeux clos») de Lucian Freud (2002).

«Les peintures ont une valeur considérable», avait estimé mardi la porte-parole Mariette Maaskant.

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