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La droite française revient aussi à la non-ingérence, non-indifférence

17/10/2012 03:04 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

PARIS - Nicolas Sarkozy parti, la droite française revient elle aussi à la «non-ingérence, non-indifférence» à l'égard du Québec, une formule qu'elle avait inventée à l'époque du président Giscard d'Estaing et avec laquelle le président François Hollande a officiellement renoué.

La première ministre Pauline Marois a pu le vérifier mercredi, au dernier jour de sa visite en France, en recevant coup sur coup à la résidence du délégué général du Québec à Paris «trois grands amis du Québec», les anciens premiers ministres Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé et François Fillon.

«Nous avons eu un excellent échange avec les gens de la droite, qui tout au long des dernières années, en particulier messieurs Raffarin et Juppé, sont restés en constant dialogue avec nous. Leur attitude n'a pas changé», a dit Mme Marois en évoquant son dîner avec les deux hommes.

«Ce que l'on souhaitait, c'est qu'ils s'inscrivent eux aussi dans la continuité de la position (traditionnelle de la France). Ils sont d'accord avec cette perspective de la non-ingérence, non-indifférence», a poursuivi la première ministre.

Interrogés par des journalistes qui faisaient le pied de grue en bas de la résidence du délégué général Michel Robitaille, avenue Foch, à deux pas de l'Arc de Triomphe, MM. Raffarin, Juppé et Fillon ont pris leurs distances avec la position de l'ex-président Sarkozy sur le Québec.

Dans le cas de deux premiers, ce n'est pas une surprise. Jean-Pierre Raffarin, qui avait été le premier à voir venir la rupture sarkozienne avec le «ni-ni» en 2009, ne l'avait jamais approuvée, pas plus que le discours dans lequel le président associait le mouvement souverainiste québécois à la «détestation de l'autre» et à l'enfermement sur soi. Alain Juppé n'avait pas vraiment cherché à cacher non plus qu'il la désapprouvait, avant de souhaiter ouvertement le retour à la «non-ingérence, non-indifférence».

François Fillon, le premier ministre de Nicolas Sarkozy, parlait de cette affaire pour la première fois. Pour lui, des «mots ont peut-être été mal compris» à l'époque, mais dans les faits, plaide-t-il, il n'y a «jamais eu de changements» dans la politique réelle de la France face au Québec.

«Quand j'étais premier ministre, j'ai toujours reçu le premier ministre du Québec avec tous les honneurs dus à son rang et je pense qu'il n'y a eu aucun changement dans la politique concrète de la France à l'égard du Québec», a-t-il dit avant de se déclarer proche du Parti québécois.

Pauline Marois et son ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée, étaient arrivés en France lundi matin avec l'espoir d'obtenir le retour à la «non-ingérence, non-indifférence». «Nous ne demandons pas à la France de choisir à la place du peuple québécois, mais nous souhaitons de la bienveillance», avait déclaré le première ministre au magazine L'Express.

On connait la suite. Lundi matin à l'Élysée, le président Hollande a assuré que cette politique, vieille de 30 ans, «prévaut toujours». Quelques heures plus tôt, ce retour au «ni-ni» n'était pourtant pas acquis. Le sujet n'avait pas même pas été abordé, assure-t-on, pendant l'entretien entre le président et Mme Marois. M. Hollande ne devait pas non plus s'adresser à la presse dans la cour de l'Élysée. Il l'a fait, comme cela lui arrive souvent, et a prononcé la déclaration que l'on sait.

On dit que le ministre français des Finances, Pierre Moscovici, grand ami du Québec et du Parti québécois, a joué un rôle déterminant dans ce dénouement.

«Nous sommes très contents du résultats», a déclaré Mme Marois mercredi en dressant le bilan de sa première visite en France en tant que première ministre.

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