INTERNATIONAL

Khaled Cheikh Mohammed, cerveau du 11 septembre, apparaît en veste de camouflage de moudjahidine

17/10/2012 12:00 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST
AP
FILE - This undated photo downloaded from the Arabic language Internet site www.muslm.net and purporting to show a man identified by the Internet site as Khalid Sheik Mohammed, the accused mastermind of the Sep. 11 attacks, is seen in detention at Guantanamo Bay, Cuba. A new book says Justice Department prosecutors were stunned to learn three years ago that the U.S. military had secretly tape recorded incriminating comments that alleged 9/11 mastermind Khalid Sheikh Mohammed made to fellow detainees during daily prison yard conversations but was not planning to use them at military tribunals. . (AP Photo/www.muslm.net)

Le provocateur Khaled Cheikh Mohammed, cerveau autoproclamé des attentats du 11-Septembre, est apparu mercredi portant une veste de camouflage de Moudjahidine devant le tribunal militaire de Guantanamo, maintenant que le juge le lui a autorisé.

La veille, au deuxième jour de leur audience préliminaire, les cinq accusés des attentats les plus meurtriers de l'histoire des Etats-Unis ont reçu le feu vert du juge militaire pour porter les attraits de leur choix à l'audience.

Une polémique avait surgi en juin à Guantanamo quand le commandant de la prison leur avait interdit de comparaître en treillis, en combinaison orange ou en tunique afghane, craignant que ces vêtements ne deviennent un outil de propagande.

"Le problème vient du fait que le commandant a décidé tout seul ce qui lui semblait convenable de porter devant un tribunal", a déclaré le juge James Pohl à l'audience, "c'est juste l'opinion personnelle d'un seul homme et non un critère établi".

Lors de sa mise en accusation, le 5 mai, Khaled Cheikh Mohammed, alias KSM, qui a revendiqué les attentats "de A à Z" et ne s'est pas privé lundi d'égratigner un tribunal militaire "sans justice" à ses yeux, avait demandé à porter un treillis paramilitaire revêtu, selon sa défense, "par les combattants et miliciens en conflit armé".

Epaisse barbe teinte au henné et turban traditionnel, le "cerveau" des attentats du 11 septembre 2001 portait en partie la tenue qu'il demandait mercredi, avec une veste de camouflage sur sa tunique blanche.

"M. Mohammed est un prisonnier de guerre ennemi en détention. Il veut revêtir le même type d'uniforme qu'il portait au combat comme Moudjahidine soutenu par les Etats-Unis en Afghanistan et en Bosnie", a plaidé son avocat Jason Wright.

"Si vous êtes inquiet pour des raisons de sécurité, la défense retirera ou coudra les poches sur la veste", a-t-il ajouté, mais lui interdire de porter ce treillis "saperait potentiellement sa présomption d'innocence".

L'avocat a rappelé à l'audience que le Pakistanais Majid Khan, qui a plaidé coupable en février en échange d'une remise de peine, avait pu porter un costume de ville pourvu de poches.

Mais le juge Pohl ne semblait pas préoccupé par les risques que pourrait susciter la nouvelle mode de Guantanamo: "Regardez donc dans la salle le nombre de gardiens qui sont présents?". Ni d'ailleurs par le danger de propagande: "Quel vêtement pourrait devenir un outil de propagande?".

Ni encore par les risques de confusion avec le corps militaire: Même revêtu du même uniforme, "on peut voir la différence entre mon client et un officier de la US Air force", a noté William Hennessy, avocat du Yéménite Wallid ben Attash, en montrant le visage hâlé de son client caché par une épaisse barbe noire. M. ben Attash avait choisi une tenue de camouflage retoquée car elle ressemblait trop à celle des garde-côtes de Guantanamo.

Au premier jour de l'audience lundi, les cinq détenus "de grande valeur" de Guantanamo ont comparu en tuniques, coiffes et turbans traditionnels, autant de "modes" que le commandant de la prison, l'amiral Walter Woods, avait prohibées au printemps.

"Les vêtements d'un détenu ne doivent pas transformer ce tribunal en un outil de propagande et entacher l'atmosphère propice à une délibération calme et indépendante", avait justifié le gouvernement dans un document judiciaire.

Infligeant un camouflet à l'accusation, le colonel Pohl s'est cette fois rangé du côté des accusés. Ne leur refusant que les tenues "incompatibles avec leur statut de détenus", remisant aux placards seulement les combinaisons de prisonniers et les uniformes de l'armée américaine.

Cette audience vise à préparer le procès qui ne devrait pas se tenir avant un an. Les cinq hommes encourent la peine de mort.

chv/sam

INOLTRE SU HUFFPOST

Unforgettable 9/11 Images