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Kadhafi, un dirigeant excentrique

17/10/2012 11:13 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

Un texte de Kamel Bouzeboudjen


Mouammar Kadhafi est mort le 20 octobre 2011 à Syrte, la ville qui l'a vu naître il y a près de 70 ans. Après la chute de Tripoli, l'ex-dictateur s'est réfugié dans cette région où le dernier carré de fidèles résistait encore aux combattants du Conseil national de transition (CNT).

L'annonce de sa mort, dont les circonstances restent obscures, a provoqué des scènes de liesse dans tout le pays.

La fin de Mouammar Kadhafi ressemble à certains égards à celle de Saddam Hussein, l'ex-président irakien, qui s'est lui aussi réfugié dans son village natal de Tikrit après l'invasion américaine.

Jeune « Guide de la révolution »

Les Libyens ont découvert Mouammar Kadhafi le 1er septembre 1969. Capitaine dans l'armée libyenne, il venait, à l'âge de 27 ans, de renverser le roi Idris 1er et de prendre les rênes du pays. Il s'est alors surnommé lui-même le « Guide de la révolution libyenne ».

Les Libyens étaient loin d'imaginer que Kadhafi allait régner plus de 40 ans.

Dès le départ, Kadhafi s'est inscrit dans le combat anti-impérialiste déjà prôné par ses aînés Gamal Abdel Nasser, l'Égyptien, et Houari Boumediene, l'Algérien.

Un des premiers coups d'éclat du jeune chef d'État libyen a été de réussir, avec d'autres dirigeants arabes, à imposer une hausse des prix du pétrole en 1970.

Le Livre vert

Le Livre vert, oeuvre du guide libyen, a constitué une espèce de socle doctrinaire de sa politique.

À longueur de discours, Kadhafi a développé les grandes lignes de ses politiques, restées au stade théorique.

Selon lui, le peuple doit gouverner directement à travers des assemblées de base, les comités populaires, représentés au niveau national dans le Congrès général du peuple.

Le « Guide » a souvent annoncé la suppression des fonctionnaires, même des ministères, et la distribution directe des revenus pétroliers au peuple. Mais ces mesures n'ont jamais vu le jour.

Les conflits, terrain de prédilection de l'activisme du « Guide »

En Afrique, le chef libyen a tenté à plusieurs reprises d'occuper le nord du Tchad en soutenant les forces rebelles, ce qui a engendré de fortes tensions avec la France. Il a aussi soutenu le dictateur ougandais Idi Amin Dada dans le conflit entre l'Ouganda et la Tanzanie.

Kadhafi est également connu pour avoir financé plusieurs mouvements armés dans le monde, notamment certaines factions palestiniennes et l'Armée républicaine irlandaise (IRA).

Son activisme par groupes armés interposés lui a valu le bombardement de sa résidence de Tripoli par les États-Unis. Mouammar Kadhafi a affirmé que sa fille adoptive avait été tuée lors de ce raid. Mais on a découvert après sa chute que sa fille adoptive n'était pas morte comme il l'a prétendu durant des années. Elle était bien vivante et exerçait la profession de médecin dans un hôpital de Tripoli.

L'attentat de Lockerbie en 1988 contre un avion américain (288 morts) et celui contre l'avion français d'UTA en 1989 (170 morts), dans lesquels l'implication de la Libye est avérée, sont les derniers « faits d'armes » connus du dirigeant libyen à l'étranger.

Retour en scène

La remise à la justice écossaise des deux agents impliqués dans l'attentat de Lockerbie et les indemnisations aux familles des victimes ont permis au dirigeant libyen un retour sur la scène internationale.

Dans les années 2000, Kadhafi est passé de « financier du terrorisme » à « partenaire économique » pour les gouvernements occidentaux.

Dès lors, il est reçu dans les capitales occidentales avec les fastes réservés aux chefs d'État les plus respectés.

Au-delà du renoncement au terrorisme et de la signature du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), les formidables ressources pétrolières et les occasions d'investissements en Libye ont permis à Kadhafi de redevenir fréquentable.

Des tenues extravagantes

Une des choses qu'on retiendra de Kadhafi est sans doute son excentricité sur le plan vestimentaire. Les photographes du monde entier ont immortalisé ses tenues colorées, ses couvre-chefs et ses lunettes de soleil.

Autre excentricité : ses « amazones », des gardes du corps féminines qui l'accompagnaient dans ses voyages à l'étranger.

Enfin, citons sa tente, dont il ne se séparait jamais lors de ses visites des capitales étrangères.

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