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Egypte: un journaliste suspendu pour un article sur les ex-chefs militaires

17/10/2012 01:26 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

Le rédacteur en chef d'un quotidien gouvernemental égyptien a été suspendu après la publication d'un article affirmant que les deux principaux ex-chefs militaires du pays étaient accusés de corruption, a rapporté mercredi l'agence officielle Mena.

Le journaliste Gamal Abderrahim a de son côté accusé les Frères musulmans, dont est issu le président Mohamed Morsi, d'exploiter cette affaire pour "régler des comptes" avec son journal, connu pour ses positions anti-islamistes et pro-régime du temps de Hosni Moubarak, renversé en février 2011.

Le président du Conseil suprême de la presse Ahmed Fahmy a nommé à sa place un nouveau rédacteur en chef pour le journal Al-Gomhouriya, "jusqu'à ce que la question soit abordée lors de la prochaine réunion du Conseil", selon la Mena.

Le Conseil est chargé de nommer les dirigeants des journaux gouvernementaux. M. Fahmy est également président du Sénat, dominé par les islamistes.

Le quotidien a affirmé mercredi que le maréchal Hussein Tantaoui, chef d'Etat de facto de l'Egypte pendant la période de transition, et son second, le général Sami Anan, avaient été interdits de quitter le territoire égyptien en raison d'accusations de corruption.

La Mena cite une source judiciaire niant ces accusations.

L'agence a également rapporté la réaction d'un "responsable militaire", faisant état dans un communiqué de sa profonde indignation face à la publication de telles informations.

"Les forces armées, commandants, officiers, sous-officiers et soldats, ont tous fait part de leur profonde indignation face aux informations publiées par un des journaux du mercredi et qui représentent une offense importante pour les commandants et les symboles des forces armées", affirme ce responsable dans un communiqué.

"Les enfants des forces armées ont demandé aux médias de faire preuve de précision et de vigilance dans le traitement des informations qui concernent les forces armées, lorsqu'elles peuvent avoir un impact négatif sur la sécurité nationale de l'Egypte", précise le communiqué.

Sur la chaîne Al-Jazeera Mubasher Misr, consacrée à l'Egypte, M. Abderrahim a affirmé faire "du journalisme dans l'intérêt du peuple égyptien, du journalisme indépendant".

"J'ai publié une série d'articles dans lesquels j'ai écrit sur des secrets dangereux concernant la confrérie des Frères musulmans", a-t-il poursuivi.

Il a aussi accusé la confrérie de chercher à dominer les médias et d'avoir "des comptes à régler avec le rédacteur en chef d'un quotidien qui appartient à l'Etat, pas au président Mohamed Morsi, ni à Ahmed Fahmy".

De nombreux journalistes égyptiens accusent les islamistes au pouvoir de chercher à contrôler les médias depuis l'arrivée de M. Morsi à la présidence en juin.

Lundi, la justice civile a décidé d'ouvrir une enquête sur des accusations visant MM. Tantaoui et Anan, mis en cause pour la mort de manifestants dans la période de transition qui a suivi la chute de Hosni Moubarak en 2011. Le Parquet n'avait alors pas évoqué d'accusations de corruption.

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