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Des femmes dénoncent les conditions des détenues dans les prisons ontariennes

17/10/2012 10:20 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

OTTAWA - Le cas d'une jeune femme ayant donné naissance à son enfant sur le sol d'une prison d'Ottawa le mois dernier est seulement l'un des exemples illustrant le dur traitement réservé aux prisonnières en Ontario, ont déclaré mercredi des manifestantes réclamant de meilleures conditions pour les détenues.

Julie Bilotta, une résidante de Cornwall, en Ontario, a accouché prématurément d'un garçon dans une cellule d'isolement du Centre de détention d'Ottawa-Carleton le 29 septembre.

Mercredi, des manifestantes se sont rassemblées à l'extérieur du bureau de la ministre ontarienne des Services correctionnels, Madeleine Meilleur, afin d'attirer l'attention sur la vie des femmes derrière les barreaux.

L'histoire de Mme Bilotta, qui selon sa mère aurait crié pendant des heures sans que le personnel de la prison n'intervienne, n'est pas un incident isolé, a affirmé Dawn Moore, professeure agrégée en criminologie à l'Université Carleton et l'une des organisatrices de la manifestation.

Évoquant le sort de l'adolescente Ashley Smith, Mme Moore a indiqué que Julie Bilotta n'était pas la première femme incarcérée au Canada dont les appels à l'aide avaient été ignorés par les gardiens, même si sa vie était en danger.

Ashley Smith s'est enlevée la vie le 19 octobre 2007 alors qu'elle était sous étroite surveillance à l'Établissement pour femmes Grand Valley en Ontario. Elle a été capable de s'étrangler en dépit du fait que des gardiens l'observaient sur des moniteurs vidéo.

Les femmes présentes à la manifestation de mercredi ont dit avoir été choquées par le cas de Mme Bilotta et étonnées que ce genre de choses puisse se produire au Canada.

Scandant «les mères et les bébés sont faits pour être ensemble», les manifestantes ont demandé à Madeleine Meilleur de faire tout en son pouvoir pour s'assurer que Julie Bilotta retrouverait bientôt son fils.

«Les détenues enceintes devraient s'attendre à recevoir les mêmes soins que les futures mamans qui ne sont pas incarcérées», a indiqué la ministre dans un communiqué, soulignant au passage que trois prisonnières avaient accouché en Ontario en 2010 et 2011, et que les trois bébés étaient nés dans un hôpital.

Mme Meilleur a fait savoir qu'une enquête était présentement en cours et qu'elle avait demandé au sous-ministre des Services correctionnels d'examiner les procédures en vigueur afin d'identifier les possibles lacunes et d'y remédier.

Quelques heures après la manifestation, l'avocat de Mme Bilotta, Don Johnson, a déclaré qu'il avait bon espoir que sa cliente puisse être libéré sous caution jeudi à l'occasion d'une audience devant le tribunal.

La jeune femme de 26 ans est présentement détenue parce qu'elle aurait enfreint les conditions de sa libération sous caution relativement à de multiples accusations liées à de la fraude et aux stupéfiants pour lesquelles elle n'a pas encore été jugée.

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