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Débat présidentiel: Obama reprend la main face à Romney

17/10/2012 05:38 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

HEMPSTEAD, N.Y. - HEMPSTEAD, New York (Sipa) — A trois semaines de la présidentielle américaine, Barack Obama s'est montré beaucoup plus offensif mardi soir lors du deuxième débat face à son rival républicain Mitt Romney. Il lui a notamment reproché de politiser l'attaque meurtrière de Benghazi, en Libye, et d'être le candidat des riches. Reste à savoir s'il a réussi à retrouver l'élan perdu avec leur première confrontation télévisée.

Dès le début de ce face-à-face d'une heure et demie qui mettait en présence les deux hommes debout, micro en main, Barack Obama s'est montré plus agressif que le 3 octobre dernier à Denver, attaquant l'ancien gouverneur du Massachusetts sur ses propositions économiques qui vont asphyxier, selon lui, la classe moyenne.

"Le gouverneur Romney dit qu'il a un plan en cinq points. Il n'a pas un plan en cinq points. Il a plan en un point et ce plan est d'assurer que ceux qui sont au sommet bénéficient de règles différentes", a lancé le président sortant, qui a interrompu à plusieurs reprises son adversaire.

Ce dernier a pour sa part affirmé que "la classe moyenne a été écrasée ces quatre dernières années", notant que "23 millions d'Américains luttent pour trouver un emploi".

Pour Mitt Romney, "la politique menée par le président ces quatre dernières années n'a pas conduit l'Amérique au travail. Nous avons moins de gens qui travaillent que quand il est arrivé au pouvoir". Et d'ajouter qu'une réélection d'Obama) "nous mettrait sur la voie de la Grèce", sous perfusion financière internationale depuis 2010 pour éviter la faillite.

Sans surprise, les questions économiques ont à nouveau dominé ce deuxième débat assez tendu, pendant lequel Barack Obama et Mitt Romney ont argumenté sur leurs désaccords, que ce soient les impôts, les aides à l'industrie automobile, l'énergie, la santé, l'immigration et l'égalité de salaires pour les femmes, l'essentiel des questions relevant de la politique nationale.

Mais un vif échange sur la mort de l'ambassadeur des Etats-Unis à Benghazi a provoqué les applaudissements du public, constitué de 82 électeurs non engagés politiquement, pour Barack Obama.

Selon Mitt Romney, Barack Obama a mis plusieurs jours pour reconnaître que l'attaque qui a coûté la vie à Christopher Stevens était terroriste et qu'il était parti à Las Vegas pour une levée de fonds. Le président américain a rétorqué passablement irrité qu'il l'avait dit dès le lendemain de l'attaque, "dans le jardin aux roses de la Maison Blanche". Une information confirmée par la modératrice du débat, la journaliste de CNN Candy Crowley.

"Le simple fait de suggérer que quelqu'un de mon équipe, que ce soit la secrétaire d'Etat ou notre ambassadeur des Nations unies, ou n'importe quelle autre personne, a fait de la politique ce jour-là est offensif. Nous n'agissons pas comme ça. Je n'agis pas comme ça en tant que Président et commandant en chef."

"Alors que nous étions toujours en train d'enquêter sur l'attaque, M. Romney a publié un communiqué pour tenter de politiser l'affaire. Ce n'est pas comme ça qu'un commandant en chef doit agir", a martelé le président sortant.

A la toute fin du débat, interrogé sur les clichés circulant à son égard, Mitt Romney a expliqué que la campagne menée par Obama tentait de le faire passer pour quelqu'un qu'il n'est pas, assurant qu'il "se préoccupe de 100% des Américains", en référence à une vidéo filmée à son insu, dans laquelle il qualifiait 47% d'Américains d'assistés dépendant du gouvernement. Un argument que Barack Obama n'avait étonnamment pas utilisé lors du premier débat mais qu'il a enfin dégainé cette fois-ci.

Quand Mitt Romney dit "en petit comité" que 47% des Américains se considèrent comme des victimes: "demandez-vous de qui il parlait", a lancé le président. Et d'énumérer une série de catégories d'électeurs: les plus âgés bénéficiant de la Sécurité sociale, les anciens combattants, les étudiants et les soldats. "Je veux me battre pour eux (...) S'ils réussissent, ce pays va donc réussir", a-t-il conclu.

Plus de 67 millions d'Américains avaient regardé le premier débat organisé il y a deux semaines à Denver. Le troisième et dernier débat de la campagne présidentielle américaine aura lieu lundi prochain à Boca Raton, en Floride, et sera exclusivement consacré à la politique étrangère.

Les débats sont d'autant plus importants que l'élection se joue avant le 6 novembre, une majorité d'Etats proposant le vote anticipé. Plus de 1,3 million d'Américains ont ainsi déjà rendu leur bulletin. Barack Obama lui-même a annoncé qu'il voterait le 25 octobre à Chicago et son épouse Michelle a déjà envoyé son bulletin par la poste.

Selon un sondage CBS News Instant Poll réalisé auprès de 500 électeurs indécis après le duel d'Hempstead mardi soir, 37% estimaient que Barack Obama avait remporté cette deuxième manche, contre 30% pour Mitt Romney et 33% ex-aequo. Un sondage CNN auprès de 457 électeurs inscrits donnait le président vainqueur à 46% contre 30%, avec une marge d'erreur de plus ou moins 4,5% de pourcentage.

Les candidats ont repris la route dès mercredi en se rendant dans des Etats considérés comme déterminants pour le scrutin: Romney en Virginie, son co-listier Paul Ryan dans l'Ohio, Obama dans l'Iowa et son vice-président Joe Biden dans le Colorado et le Nevada. Pour l'heure, Obama est crédité des voix de 237 grands électeurs contre 191 pour Romney.

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