NOUVELLES

Débat présidentiel: Barack Obama reprend la main face à Mitt Romney

17/10/2012 02:51 EDT | Actualisé 16/12/2012 05:12 EST

HEMPSTEAD, N.Y. - HEMPSTEAD, New York (Sipa) — A trois semaines de l'élection présidentielle, Barack Obama s'est montré beaucoup plus offensif mardi soir lors du deuxième débat face à son rival républicain Mitt Romney. Il lui a notamment reproché de faire de la politique sur l'attaque meurtrière de Benghazi, en Libye, et d'avoir comme objectif de favoriser les riches Américains.

Dès le début de ce face-à-face qui mettait en présence les deux hommes debout micro en mains, Barack Obama s'est montré plus agressif que le 3 octobre dernier, attaquant l'ancien gouverneur du Massachusetts sur ses propositions économiques qui vont asphyxier, selon lui, la classe moyenne.

"Le gouverneur Romney dit qu'il a un plan en cinq points. Il n'a pas un plan en cinq points. Il a plan en un point et ce plan est d'assurer que ceux qui sont au sommet bénéficient de règles différentes", a lancé le président sortant, qui a interrompu à plusieurs reprises son adversaire.

Ce dernier a pour sa part affirmé que "la classe moyenne a été écrasée ces quatre dernières années", notant que "23 millions d'Américains luttent pour trouver un emploi".

Pour Mitt Romney, "la politique menée par le président ces quatre dernières années n'a pas conduit l'Amérique au travail. Nous avons moins de gens qui travaillent que quand il est arrivé au pouvoir".

Sans surprise, les questions économiques ont à nouveau dominé ce deuxième débat assez tendu, pendant lequel Barack Obama et Mitt Romney ont argumenté sur leurs désaccords, que ce soit les impôts, les aides à l'industrie automobile, l'énergie, la santé, l'immigration et l'égalité de salaires pour les femmes, l'essentiel des questions relevant de la politique nationale.

Mais un vif échange sur la mort de l'ambassadeur des Etats-Unis à Benghazi a provoqué les applaudissements du public, constitué de 82 électeurs non engagés politiquement, pour Barack Obama.

Selon Mitt Romney, Barack Obama a mis plusieurs jours pour reconnaître que l'attaque qui a coûté la vie à Christopher Stevens était terroriste et qu'il était parti à Las Vegas pour une levée de fonds. Le président américain a rétorqué passablement irrité qu'il l'avait dit dès le lendemain de l'attaque, "dans le jardin aux roses de la Maison Blanche". Une information confirmée par la modératrice du débat, la journaliste de CNN Candy Crowley.

"Le simple fait de suggérer que quelqu'un de mon équipe, que ce soit la secrétaire d'Etat ou notre ambassadeur des Nations unies, ou n'importe quelle autre personne, a fait de la politique ce jour-là est offensif. Nous n'agissons pas comme ça. Je n'agis pas comme ça en tant que Président et commandant en chef".

"Alors que nous étions toujours en train d'enquêter sur l'attaque, M. Romney a publié un communiqué qui essayait de sortir des points politiques de l'affaire. Ce n'est pas comme ça qu'un commandant en chef doit agir", a martelé le président sortant.

A la toute fin du débat, interrogé sur les clichés circulant à son égard, Mitt Romney a expliqué que la campagne menée par Obama tentait de le faire passer pour quelqu'un qu'il n'est pas, assurant qu'il "se préoccupe de 100% des Américains", en référence à une vidéo dans laquelle il qualifiait 47% d'Américains d'assistés dépendant du gouvernement. Un argument que Barack Obama n'avait pas utilisé lors du premier débat mais qu'il n'a pas manqué de dégainer cette fois-ci. Quand Mitt Romney dit "derrière les portes" que 47% des Américains se considèrent comme des victimes, "réfléchissez à ceux dont il parlait", a lancé le président. Et d'énumérer une série de catégories d'électeurs: les plus âgés bénéficiant de la Sécurité sociale, les vétérans, les étudiants et les soldats.

"Je veux me battre pour eux (...) S'ils réussissent, ce pays va donc réussir", a-t-il conclu.

Plus de 67 millions d'Américains avaient regardé le premier débat organisé il y a deux semaines à Denver. Le troisième et dernier débat de la campagne présidentielle américaine aura lieu lundi prochain à Boca Raton, en Floride, et sera exclusivement consacré à la politique étrangère.

ljg-ic/AP-v64/ir

PLUS:pc