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Charbonneau: l'avocat de la Ville s'étonne de la mémoire variable de Zambito

17/10/2012 11:23 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

MONTRÉAL - L'ex-entrepreneur en construction Lino Zambito a finalement terminé son long témoignage devant la Commission Charbonneau, mercredi en fin de journée.

En contre-interrogatoire durant la journée, l'avocat de la Ville de Montréal, Me Martin St-Jean, avait continué de tenter de miner sa crédibilité, critiquant sa mémoire variable selon les dossiers.

Et l'avocate du Parti québécois, Me Estelle Tremblay, a tenté de lui faire dire qu'à l'époque où le PQ était au pouvoir, c'est-à-dire de 1998 à 2003, les problèmes qu'il a déjà décrits étaient bien moindres qu'à l'époque où le Parti libéral était au pouvoir.

Me St-Jean s'est notamment étonné du fait que M. Zambito soit capable de chiffrer les montants qu'il dit avoir versés sur plusieurs années à deux ingénieurs de la Ville de Montréal qui participaient, selon lui, au stratagème mis en place, alors qu'il se dit incapable d'évaluer la somme qu'il a remise au fil des ans au parti Union Montréal.

L'ancien dirigeant d'Infrabec avait témoigné du fait qu'il s'était fait dire en 2005 par Nicolo Milioto, un intermédiaire à qui il payait déjà une quote-part de 2,5 pour cent de la valeur de ses contrats pour la mafia, qu'il devrait désormais payer une part supplémentaire de 3 pour cent, soi-disant pour le parti du maire Gérald Tremblay, Union Montréal.

Me St-Jean a alors demandé à M. Zambito de chiffrer en dollars cette part de 3 pour cent. Mais M. Zambito s'en est dit incapable de mémoire, lui suggérant d'examiner la liste des contrats accordés à Infrabec par la Ville dans le département visé, et qu'il avait identifiés comme truqués, puis de calculer ces trois pour cent.

On a aussi appris que M. Zambito, qui a aussi obtenu des contrats de la part des arrondissements de Montréal, n'a jamais eu à payer de quote-part à des fonctionnaires dans ces arrondissements.

Me St-Jean a cherché à défendre un à un les six fonctionnaires mis en cause par M. Zambito, en laissant entendre notamment par ses questions que c'est lui qui cherchait à «soudoyer» ces fonctionnaires.

Alors que M. Zambito avait laissé entendre qu'il y avait de la corruption à tous les niveaux dans le département de la voirie et travaux publics avec lequel il faisait affaire, à Montréal, Me St-Jean a plutôt soutenu que les fonctionnaires qu'il avait montrés du doigt ne constituaient qu'«une branche d'un arbre».

Malgré les questions entrant parfois dans le menu détail sur certains contrats datant du début des années 2000, M. Zambito a tenu bon, gardant sa même version des faits. Me St-Jean a toutefois monté le ton à plusieurs occasions.

C'est même le procureur de la commission, Me Denis Gallant, qui a dû se porter à la défense du témoin à quelques reprises lors du contre-interrogatoire parfois insistant de Me St-Jean.

À l'époque du PQ

Ensuite, Me Tremblay, représentant le Parti québécois, a fait dire à M. Zambito qu'à l'époque où le PQ était au pouvoir, lorsque son entreprise Infrabec a obtenu des contrats du ministère des Transports sans que les entrepreneurs se soient entendus au préalable entre eux, il n'y a pas eu de «faux extras» réclamés au ministère.

Elle lui a aussi fait dire que lorsque Infrabec a obtenu des contrats du ministère, à l'époque où le PQ était au pouvoir, il n'a pas eu à rencontrer de représentants du PQ pour les obtenir, ni d'élus du PQ, ni de fonctionnaires du ministère, ni d'ingénieurs de firmes privées pour obtenir ces contrats.

Me Tremblay lui a aussi fait dire qu'il n'a donné que 600 $ au PQ, une année, en son nom personnel, et qu'il n'a pas eu recours à des prête-noms. Et même l'année où il a versé un don au PQ, il n'a même pas atteint la limite permise.

Jeudi, la Commission entendra une requête d'un des avocats des médias pour tenter de faire lever l'ordonnance de non-publication qui frappe une partie du témoignage de M. Zambito. Elle doit aussi entendre le prochain témoin, un ingénieur.

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