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Amiante: l'industrie n'a pas influencé les études d'un chercheur de McGill

17/10/2012 07:43 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST

MONTRÉAL - L'Université McGill a annoncé mercredi qu'elle n'avait découvert aucune preuve permettant de conclure que les recherches effectuées par l'un de ses professeurs concernant les répercussions de l'amiante sur la santé avaient été influencées par l'industrie.

Cette déclaration de l'université montréalaise fait suite à l'examen approfondi des travaux de John Corbett McDonald, maintenant à la retraite, par le commissaire à l'intégrité de la recherche de l'établissement d'enseignement, le Dr Abe Fuks.

Le professeur McDonald et son équipe ont publié une série d'études sur l'amiante entre 1971 et 1998 qui ont été en partie financées par une division de l'Association minière du Québec.

Un groupe de 30 médecins et universitaires a demandé à l'Université McGill de mener une enquête indépendante sur des allégations selon lesquelles les résultats de ces travaux avaient été faussés à la demande de l'industrie de l'amiante.

Dans un communiqué annonçant la publication du rapport du Dr Fuks, le vice-principal à la santé et aux affaires médicales de McGill, le Dr David Eidelman, affirme qu'il n'y a pas matière à enquêter davantage sur la question.

Selon le rapport, M. McDonald a toujours reconnu le soutien financier reçu de la part de l'industrie de l'amiante dans ses publications et il n'existe pas de preuves laissant entendre que les commanditaires auraient influencé les données ou les conclusions des études.

«John Corbett McDonald et son équipe ont clairement démontré que l'amiante sous toutes ses formes augmente le risque du cancer du poumon, que les données qu'ils ont recueillies 'ont été corroborées par d'autres groupes' et que 'leur solidité a résisté à de nombreux examens et enquêtes judiciaires'», dit le communiqué, citant le rapport du Dr Abe Fuks.

Autrefois assez puissante pour entraîner la création de villes entières, l'industrie canadienne de l'amiante a depuis été associée à plusieurs maladies, dont le cancer du poumon.

Alors que certaines municipalités québécoises dépendaient encore récemment de leurs exportations d'amiante à l'étranger, la plupart du temps dans des pays pauvres, ces activités semblent maintenant compromises.

Les partisans de l'industrie soutiennent que le type d'amiante produit au Québec, le chrysotile, est plus sécuritaire et peut même être sans danger s'il est manipulé de manière appropriée.

Mais ses opposants font valoir que les pays qui utilisent encore l'amiante n'ont probablement pas les normes de sécurité adéquates et affirment qu'il est donc immoral de leur vendre le controversé minerai.

Leurs arguments semblent avoir convaincu le nouveau gouvernement péquiste puisque celui-ci a annoncé qu'il annulerait une garantie de prêt qui aurait permis de ranimer une mine aujourd'hui inactive.

Le gouvernement de Stephen Harper, qui est un ardent défenseur de l'industrie de l'amiante, a reconnu que le dossier était clos et accusé le Parti québécois d'avoir mis en péril plusieurs emplois. Ottawa et Québec ont tous les deux promis de favoriser la diversification économique dans les régions concernées.

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