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Tunisie: une ville en grève pour obtenir des revenus du phosphates

16/10/2012 12:24 EDT | Actualisé 16/12/2012 05:12 EST

La ville de Ksar, près du bassin minier tunisien, observait mardi une grève générale soutenue par les autorités locales pour que cette localité à l'économie sinistrée obtienne une part des revenus du phosphate extrait dans la région, une ressource stratégique de la Tunisie.

Les administrations et une large part des commerces de la ville sont restés fermés, a constaté un journaliste de l'AFP. La branche locale de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT, principal syndicat du pays) a assuré que le débrayage avait été observée "à 90%".

Les habitants, les autorités municipales et les syndicats réclament que la ville, située en lisière du bassin de phosphates, obtienne une part des revenus de cette industrie et que la société exploitant les mines, la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG), leur réserve une partie des emplois.

L'industrie des phosphates, dont la Tunisie est le 5e exportateur mondial, est le principal employeur du gouvernorat de Gafsa (centre), mais le secteur a été mis a mal depuis la révolution de 2011 par une série de grève et de manifestations, parfois violemment réprimées.

Tout juste avant la révolution, le taux de chômage y était évalué à 28% et il atteignait 50% chez les diplômés, des niveaux largement au dessus de la moyenne nationale de 18%.

Les mouvements sociaux et les manifestations réprimées par la police se sont multipliés depuis juillet en Tunisie, particulièrement dans les régions du centre du pays, comme Sidi Bouzid, berceau de la révolution, et Kasserine.

La population y dénonce l'échec du gouvernement sur le plan économique et social, alors que les revendications en la matière étaient au coeur du soulèvement qui a chassé le président Zine El Abidine Ben Ali du pouvoir.

Ainsi, la ville de Thala, dans le centre-ouest près de la frontière algérienne, a observé une nouvelle grève générale mardi, la deuxième en deux semaines, selon un journaliste de l'AFP.

Les organisateurs de la contestation dénoncent les mesures de développement décidée par le gouvernement pour la ville, jugeant leur ampleur insuffisante compte tenu de la pauvreté et du fort taux de chômage.

Ils réclament aussi que Thala et ses environs deviennent une région à part entière séparée de son chef lieu actuel, Kasserine.

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