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Tunisie: un congrès de partis et d'ONG rejette le calendrier électoral

16/10/2012 03:39 EDT | Actualisé 16/12/2012 05:12 EST

Un congrès de quelque 70 organisations dont une quarantaine de partis politiques tunisiens a rejeté mardi la date du 23 juin 2013 pour la tenue des élections législatives et présidentielle proposée par la coalition au pouvoir.

"Nous considérons que le 23 juin proposé pour la tenue des élections n'est pas adéquat pour la société tunisienne en raison de plusieurs inconvénients parmi lesquels la tenue des examens nationaux" universitaires et du baccalauréat, selon le communiqué publié à l'issue de ce "dialogue national".

Le document, lu par le secrétaire général de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) Houcine Abessi qui a organisé la réunion, demande aussi que la présidentielle ait lieu avant les législatives, mais il ne fixe pas de calendrier alternatif.

La coalition au pouvoir --les islamistes d'Ennahda et les partis de centre gauche Congrès pour la République et Ettakatol-- avait annoncé dimanche avoir enfin trouvé un compromis sur la nature du futur régime politique et sur l'organisation de législatives et d'une présidentielle le 23 juin.

Le communiqué des participants au dialogue national a salué le compromis de la coalition sur l'instauration d'un régime politique mixte prévoyant l'élection du chef de l'Etat au suffrage universel et non un système parlementaire pur comme le demandaient les islamistes.

Le document recommande aussi un dialogue accru entre pouvoir et opposition sur "le partage des pouvoirs entre le président et le Premier ministre".

Les organisations participantes n'ont cependant pas fixé de calendrier pour l'adoption de la Constitution par l'Assemblée nationale constituante (ANC), évoquant le début de l'année 2013, alors que cet objectif avait été affiché afin de sortir au plus vite de la période de transition post-révolutionnaire.

Pour être adoptée, la nouvelle loi fondamentale doit obtenir le soutien des deux tiers des députés. A l'origine, les partis s'étaient engagés à aboutir à un consensus avant 23 octobre 2012, un an jour pour jour après l'élection de l'ANC et près de deux ans après la chute du président Ben Ali en janvier 2012.

Le congrès de mardi demande par ailleurs à l'assemblée et au gouvernement de mettre enfin en place d'ici décembre des instances indépendantes chargées des élections, des médias et de la justice.

Ces trois organisations sont au coeur de tensions politiques importantes, aucune formule consensuelle n'ayant été trouvée depuis un an pour permettre leur mise en place, bloquant ainsi la réforme des secteurs des médias et de la justice.

Signe des profonds tiraillements au sein de la classe politique, Ennahda et le CPR ont boycotté le "dialogue national" de mardi censé mettre un terme au désaccords sur la Constitution et le calendrier électoral en raison de la présence d'un parti d'opposition honni, Nidaa Tounès (l'Appel de la Tunisie).

Le Premier ministre, Hamadi Jebali, un islamiste, et le président Moncef Marzouki, issu du CPR, s'y sont néanmoins brièvement rendus saluant une initiative positive.

ms-alf/vl

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