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Syrie: raids aériens sur une région clé du nord, les prix ont doublé

16/10/2012 12:00 EDT | Actualisé 16/12/2012 05:12 EST

Les troupes du régime cherchaient mardi, à coups d'intenses raids aériens, à reprendre aux rebelles une région clé pour le passage des renforts militaires vers le nord de la Syrie, déchirée par plus d'un an et demi de conflit.

Alors que la situation humanitaire s'aggrave de jour en jour, le Programme alimentaire mondial (PAM) a déploré la flambée des prix des aliments en Syrie, avec des prix ayant plus que doublé dans certaines régions depuis le début du conflit il y a 19 mois qui a poussé 343.000 personnes à fuir dans les pays voisins et un peu moins de 20.000 en Europe.

Ni le régime de Bachar al-Assad ni la rébellion n'ont encore réagi à l'appel récent lancé par le médiateur international Lakhdar Brahimi pour une trêve dans les combats durant la grande fête musulmane d'Al-Adha fin octobre et rien ne permet pour le moment d'espérer un arrêt des hostilités.

M. Brahimi se trouve au Caire, 5e étape de sa nouvelle tournée régionale destinée à tenter de trouver une issue à la guerre civile déclenchée par la répression brutale d'une contestation populaire née en mars 2011 et qui a fait en 19 mois plus de 33.000 morts selon une ONG syrienne.

Sur le terrain, l'armée mène depuis 48 heures une contre-attaque pour reprendre des positions clés, surtout la ville de Maaret al-Noomane située sur l'autoroute Damas-Alep. Les renforts militaires doivent nécessairement l'emprunter pour se rendre dans le Nord, les régions rurales alentour étant tenues par la rébellion.

En prenant Maaret al-Noomane dans la province d'Idleb, le 9 octobre, les rebelles ont coupé cette route internationale, et ils attaquent depuis systématiquement tous les renforts l'empruntant, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les raids aériens aux alentours de cette ville sont "les plus intenses" avec 29 comptabilisés depuis mardi matin, a déclaré à l'AFP le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

"L'armée loyaliste tente de regrouper et de masser ses forces pour reprendre Maaret al-Noomane mais n'arrive pas à faire parvenir les renforts", selon lui.

Toujours dans la province d'Idleb, les bombardements de l'armée à Kafr Noubol ont tué deux enfants, un garçon de six ans et une fillette de dix ans, alors que plusieurs personnes ont été blessées, selon l'ONG.

Dans l'est du pays, à Mayadine, au moins neuf civils, dont sept enfants, ont encore péri dans des bombardements.

"Les bombardements ont visé des habitations et cinq des sept enfants avaient moins de six ans", a affirme M. Abdel Rahmane.

A Alep, où se déroulent depuis trois mois des combats acharnés, un autre enfant a péri sous les bombes dans le quartier de Sakhour, selon l'OSDH. D'intenses affrontements se déroulaient dans plusieurs quartiers de cette grande métropole du nord.

Plus au sud à Homs (centre), surnommée "capitale de la Révolution" par les militants, le quartier de Khaldiyé, que le régime tente de contrôler, est pilonné depuis l'aube, ainsi que la ville rebelle de Talbissé.

Au moins, 78 personnes, dont 37 civils, 24 soldats et 17 rebelles ont péri mardi à travers la Syrie, selon un bilan provisoire de l'OSDH.

Outre son cortège de morts, la guerre civile a entraîné une inflation galopante. "On voit avec la montée de la violence dans certains endroits les prix ne font que continuer à augmenter", a déclaré une porte-parole du PAM, Elisabeth Byrs, lors d'un point presse.

Selon le PAM, "les prix ont plus que doublé dans les endroits où se déroulent les combats", et dans certaines régions, ces prix ont même progressé de 20% de plus.

A Damas, les autorités ont annoncé que des législatives partielles pour remplacer cinq sièges vacants, dont ceux de deux élus ayant fait défection, auraient lieu le 1er décembre.

Face au blocage des efforts internationaux et à l'escalade des combats, M. Brahimi a appelé à un cessez-le-feu symbolique pour l'Aïd al-Adha, la grande fête musulmane célébrée cette année du 26 au 28 octobre. Mais aucun des deux belligérants n'a réagi à cet appel.

Dans le cadre d'une tournée l'ayant conduit en Arabie saoudite, Turquie, Iran et Irak, l'émissaire se trouvait mardi au Caire où il doit séjourner plusieurs jours et rencontrer notamment le chef de la Ligue arabe Nabil al-Arabi.

Le 10 octobre, les autorités de Damas avaient rejeté un appel du chef de l'ONU Ban Ki-moon à décréter un cessez-le-feu unilatéral.

Le conflit en Syrie se double d'une crise ouverte avec la Turquie voisine -qui soutient la rébellion et héberge plus de 100.000 réfugiés syriens- depuis la mort le 3 octobre de cinq civils turcs dans la chute d'un obus syrien près de la frontière.

La sous-secrétaire d'Etat américaine par intérim au contrôle des armements et à la sécurité internationale, Rose Gottemoeller, doit rencontrer mardi à Ankara des responsables turcs, notamment de la défense, pour parler de la Syrie, selon l'ambassade américaine à Ankara.

Par ailleurs, la France organise mercredi une réunion de soutien aux "conseils révolutionnaires civils" syriens, qui administrent notamment des zones libérées dans le nord de la Syrie, avec des représentants d'ONG ainsi que des hauts fonctionnaires d'une vingtaine de pays.

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