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Syrie: les enquêteurs de l'ONU inquiets du rôle des combattants étrangers

16/10/2012 02:44 EDT | Actualisé 16/12/2012 05:12 EST

Les combattants étrangers en Syrie sont un dangereux élément de "radicalisation" dans le conflit, ont estimé mercredi des membres de la commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie.

"La présence de ces militants étrangers radicaux, islamistes ou jihadistes, nous inquiète beaucoup", a expliqué à la presse le président de la commission Paulo Pinheiro, qui a évalué leur nombre à "des centaines".

"Leur présence peut contribuer à une radicalisation (...), elle est particulièrement dangereuse dans un conflit explosif", a-t-il estimé. Ils "ne sont pas là nécessairement pour construire un Etat démocratique en Syrie" mais obéissent à "leurs propres motivations", a-t-il ajouté.

Selon Karen Abou Zayed, membre de la Commission, ces étrangers qui combattent les forces gouvernementales "radicalisent certains éléments de l'Armée syrienne libre en partie parce qu'ils ont des armes" auxquelles les autres composantes de l'opposition n'ont pas accès. Elle a cependant estimé que les combattants étrangers et l'ASL "opèrent séparément la plupart du temps".

Les entretiens menés par la Commission, qui n'a jamais pu se rendre en Syrie, font apparaître que ces étrangers "viennent de onze pays, et pas seulement des pays voisins", a précisé M. Pinheiro.

Selon le New York Times, la majorité des armes acheminées secrètement vers la Syrie, à l'initiative de l'Arabie Saoudite et du Quatar, va à des groupes islamistes intransigeants. 

Interrogé sur l'évolution de la situation depuis le dernier rapport de la Commission publié à la mi-août, M. Pinheiro a déploré une "extension" géographique du conflit, en rendant responsables les deux camps.

Une incursion de l'opposition dans une zone résidentielle, a-t-il expliqué, est suivie par des bombardements de l'armée syrienne sur cette zone, ensuite les opposants passent à une autre zone résidentielle jusque-là épargnée. "Ainsi, le conflit s'étend et c'est la population civile qui en paie le prix".

avz/lor

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